Brenda Biya, fille du président : « Ne votez pas pour lui, il fait souffrir le peuple… »

11 mois

Entre coming out public et dénonciation familiale, Brenda Biya, fille du président camerounais, multiplie les prises de parole explosives.

Dans une nouvelle vidéo TikTok publiée le 18 septembre, elle accuse ses proches de vouloir sa mort et appelle les Camerounais à ne pas voter pour son père à la présidentielle de 2025.

Ce 18 septembre, les internautes découvrent une vidéo bouleversante sur le compte TikTok de Brenda Biya, en larmes. Et visiblement au bord du gouffre.
Elle n’y va pas par quatre chemins : elle accuse sa propre famille de vouloir sa mort. Et appelle à boycotter la candidature de son père.
Ce geste choc, aussi politique qu’intime, marque une nouvelle étape dans la rupture déjà engagée entre Brenda Biya et son environnement familial.

Car la jeune femme n’en est pas à son premier acte de rébellion ou d’affirmation publique.
Le dimanche 30 juin, sur son compte Instagram @kingnastyy, elle publiait une photo d’elle embrassant sa compagne, Layyons. Un mannequin brésilien de 25 ans.
La légende de cette photo ne laissait aucun doute : « PS: I’m crazy about you and I want the world to know it ». ( Suis folle de toi et voudrais que ce soit su de tous)
Par ce coming out assumé, elle brisait un tabou dans une société encore très conservatrice, et envoyait un message de liberté et d’indépendance.

Deux mois plus tard, c’est une vidéo TikTok qui provoque l’émoi.


Brenda raconte avoir contacté Mvondo Ayolo, haut responsable du régime, depuis la Suisse où elle vit actuellement, pour lui confier son mal-être.
Elle affirme que cet homme, qu’elle considère comme un oncle, lui aurait répondu avec cruauté : « Fais une overdose et meurs ».
Elle dit avoir entendu ces mots clairement au téléphone, un choc qui semble sceller une rupture irréversible.

Brenda annonce dans la vidéo qu’elle coupe définitivement les ponts avec ses parents et tout soutien matériel ou moral venant d’eux.
« Toute ma vie, ils m’ont fait du mal », dit-elle, accusant ses proches d’avoir toujours ignoré sa souffrance.
Elle ajoute : « Je ne suis plus de cette famille. À partir de maintenant, je me détache complètement de vous, papa, maman. »

Mais au-delà de la souffrance personnelle, elle lance un message aux citoyens camerounais : ne pas voter pour Paul Biya en 2025.
« Ce n’est pas à cause de moi. C’est parce qu’il a fait souffrir tout un peuple. J’espère qu’on aura un autre président. »
Elle explique vouloir disparaître quelque temps des réseaux sociaux pour se reconstruire loin du tumulte et des pressions.

Brenda Biya donne à voir un paradoxe : née au sommet de l’État, elle utilise les réseaux sociaux pour dénoncer ce même pouvoir.
Par ses gestes, elle expose une fracture générationnelle. Une quête d’authenticité dans un monde politique figé, souvent hermétique aux émotions.
Faut-il y voir une crise personnelle amplifiée par l’exposition médiatique? Ou une véritable contestation symbolique d’un régime vieillissant ?
En osant tout dire, Brenda Biya ne cherche plus à protéger un nom. Elle affirme, coûte que coûte, le sien.

FATEM CAMARA

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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