Le décès d’Anicet Ekane, figure nationaliste et opposante majeure, relance les interrogations sur ses conditions de détention et réveille un débat national.
Anicet Ekane, président du Manidem âgé de soixante-quatorze ans, est décédé en détention à Yaoundé le premier décembre.
Sa disparition crée un séisme politique majeur, tant sa voix demeurait essentielle pour les mouvements nationalistes et panafricanistes camerounais.
Le gouvernement annonce l’ouverture d’une enquête officielle destinée à clarifier toutes les circonstances entourant la mort de l’opposant incarcéré.
Selon son parti, son état de santé déclinait rapidement, malgré des alertes répétées exigeant un transfert médical jugé indispensable.
Les dirigeants du Manidem affirment que leurs appels urgents adressés aux autorités compétentes n’ont malheureusement reçu aucune réponse concrète.
Pour eux, les avertissements concernant la détérioration critique de sa santé n’ont jamais été considérés avec la rigueur nécessaire.
La classe politique camerounaise exprime une profonde émotion, rappelant son engagement constant au service des citoyens les plus vulnérables.
Plusieurs acteurs politiques saluent un homme déterminé, toujours présent lorsque l’opposition décidait de défendre des causes essentielles.
Des proches regrettent la brutalité des circonstances, décrivant un combattant inflexible qui croyait fermement en un avenir différent.
Anicet Ekane avait offert son investiture au professeur Maurice Kamto avant l’invalidation prononcée par Elecam et le Conseil constitutionnel.
Il avait ensuite rejoint la plateforme Union pour le Changement autour de la candidature finalement portée par Issa Tchiroma.
Interpellé fin octobre à Douala, il fut transféré vers Yaoundé, où il demeura quarante-huit jours sous détention stricte.
Le ministère de la Défense affirme qu’une enquête approfondie établira précisément les faits ayant précédé la mort de l’opposant.
Dans son communiqué, l’institution précise qu’Anicet Ekane bénéficiait d’un suivi médical militaire mené conjointement avec ses médecins personnels.
Né en 1951 à Douala, il fut militant de l’Union nationale des étudiants du Kamerun avant d’intégrer l’UPC.
En 1995, il fonda le Manidem, parti représentant une gauche alternative revendiquant justice sociale et souveraineté nationale.
Sa disparition laisse un vide immense dans l’opposition, qui perd une voix morale considérée comme structurante et respectée.
De nombreux Camerounais redoutent désormais pour les centaines de détenus politiques enfermés dans un contexte fortement contesté.
Des organisations de défense des droits humains alertent sur les risques pesant sur les personnes arrêtées arbitrairement depuis plusieurs mois.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
