Dans le monde de la danse ivoirienne, tout acteur qui se veut entreprenant lance son concept pour gagner en visibilité et faire évoluer le mouvement.
Festivals, ateliers, workshops, biennales et autres initiatives dominent ainsi la scène chorégraphique.
Un nouveau concept a récemment vu le jour, issu de l’effervescence créative constante des danseurs et chorégraphes ivoiriens. Il est baptisé Siablé. Son créateur Patrick Béréhouan Nagune, alias Jeeh Jesus de Naza, lève le voile sur le processus même de création chorégraphique. L’idée est de permettre au public d’assister en direct au travail des créateurs.
Depuis février 2025, sur le terrain Tiapani de la Riviera Palmeraie, rue Ministre, le danseur de la troupe de Serge Beynaud présente, une fois par mois, son concept Siablé, qui rencontre un succès grandissant. En effet, l’événement attire entre 300 et 400 spectateurs à chaque session.
Il est évident que les Ivoiriens, et particulièrement les Abidjanais, se passionnent de danses urbaines. Siablé leur offre l’opportunité d’assister à la naissance des danses qu’ils retrouveront ensuite dans les clips. Chorégraphies d’artistes ou émissions comme Variétoscope, ou d’autres télécrochets dédiés à la danse.
« Mon intention est de valoriser le travail des chorégraphes, révéler de nouveaux talents et offrir au public une sorte de making-of des ballets », explique Patrick Béréhouan.
Les inscriptions sont ouvertes à tous.
Danseurs professionnels, membres de compagnies ou amateurs souhaitant participer aux ateliers. Des chorégraphes comme Serge Arthur Dodo ou Serge Koffi ont déjà dirigé certaines sessions. Selon le principe d’un chorégraphe invité à chaque édition.
Face à l’enthousiasme que suscite le projet, « de nombreux chorégraphes se sont manifestés pour être programmés », se réjouit le danseur de 34 ans. Titulaire d’un Master en finance-comptabilité et lauréat de Variétoscope 2010 avec la troupe Agir de Guibéroua.
À travers sa structure Jeeh Dance Corporation, Patrick « Jeeh » organise intégralement les sessions. Sur fonds propres. Tout en rêvant de partenariats pour faire évoluer le projet. L’aide semble d’abord venir de ses pairs du milieu chorégraphique.
La structure F’Art Services, dirigée par l’enseignant et chorégraphe Florent Attuoman, apportera son expertise à l’organisation. « Grâce à notre réseau et à notre ancrage dans le secteur culturel français — et bientôt celui d’Abidjan —, nous pourrons mobiliser des ressources pédagogiques. De même que du matériel de formation, des outils techniques ou scénographiques utiles à la réussite du projet », précise cet administrateur culturel basé à Lille.
« Nous contribuerons également à sa visibilité en France, via nos canaux de diffusion, nos partenaires artistiques et culturels, et nos actions de médiation. Personnellement, je pourrai participer à la coordination du projet, proposer des masterclasses à distance et des appuis administratifs, notamment sur la structuration de la création chorégraphique ou la recherche de financements pour des projets individuels. »
La prochaine session de Siablé, la 7ᵉ, est prévue pour le dimanche 27 juillet sur le terrain Tiapani, avec la chorégraphe Megini BB Nazara et d’autres chorégraphes invités de la scène urbaine.
— Aaron LESLIE
photo:dr
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