12e édition Ascom: le Sila victorieux. Le livre a parlé, la nation a écouté

6 mois

Le SILA 2024, porté par la vision d’Ange Félix N’Dakpri, a été sacré Meilleur Événement de l’année aux ASCOM 2025.

Une consécration historique pour le livre, la lecture et toute une économie lente en quête de reconnaissance.

« Ce prix, je l’ai reçu au nom de toute une chaîne : celle du livre, de la lecture et de l’édition. Une victoire lente, mais essentielle. »
— Ange Félix N’Dakpri, Commissaire Général du SILA

Jeudi 10 juillet 2025, dans le cadre solennel de l’espace CRRAE-UMOA au Plateau, s’est tenue la 12ᵉ édition des ASCOM. Evénement panafricain majeur dédié à la communication, au marketing, aux médias et à l’événementiel.
Devant une assistance nombreuse et distinguée, le Salon International du Livre d’Abidjan (SILA) a été désigné Meilleur Événement de l’année.

Cette distinction, remise en présence du Président de l’ASSEDI, M. Charles Pémont, consacre bien plus qu’un simple salon. Elle célèbre la résilience d’une économie lente, discrète mais fondatrice — celle du livre.
Elle honore un secteur longtemps relégué aux marges, où les idées mûrissent loin du tumulte. Et où chaque victoire, aussi modeste soit-elle, a le goût rare de la dignité.

L’audace du choix, la force du symbole

L’histoire de ce triomphe commence en 1999. Mais en 2024, à la réalité, lorsque le Commissaire Général Ange Félix N’Dakpri décide, contre toutes attentes, de transférer le SILA au Parc des Expositions d’Abidjan.
Quitter, le Palais de la culture? Un geste audacieux, presque téméraire, dans un environnement culturel encore frileux, où la prudence est souvent, si ce n’est toujours, préférée à l’audace. On le comprend, Ange N’Dakpri est communicant de formation.

Ce lieu, autrefois réservé aux manifestations les plus imposantes – comme le Salon international de l’Agriculture et des Ressources animales (SARA), la Foire commerciale intra-africaine (IATF)  les grands salons commerciaux ou les spectacles à fort retentissement – a alors été investi par le livre.
Supplantant le Palais de la culture, l’Hôtel Ivoire, ses palais, ses salles mythiques, le SILA a fait de ce nouvel écrin le théâtre d’un renouveau symbolique.

photo de famille

La consécration présidentielle d’un monde souvent ignoré

L’événement a marqué un tournant historique. Pour la première fois de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire, le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, a effectué un déplacement pour un événement exclusivement culturel. Il y a acheté pour 2 millions Cfa de livres.

Un fait d’exception, dans un pays où la culture demeure le parent pauvre de l’action publique. Et où le livre, plus encore, reste l’enfant oublié de la culture.
Ce déplacement présidentiel a bouleversé l’ordre établi, légitimé l’événement. Et sans doute, pesé de manière décisive dans l’esprit du jury des ASCOM.

Une communauté debout : éditeurs, enfants, dignitaires et lecteurs réunis

Plus qu’un événement, le SILA 2025 fut un lieu de communion.
Des ministres comme Kone Amadou, François Albert Amichia, Françoise Remarck, ministre de la Culture à qui Ange N’Dakpri à rendu un vibrant hommage. Ou le Grand Chancelier Ally Coulibaly y ont pris part.
Ils y ont croisé les éditeurs ivoiriens, les auteurs d’Afrique et du monde. Mais surtout la jeunesse, venue par milliers, arpentant les allées, lisant sur des nattes, dévorant les livres à même le sol.

Ce sont ces visages d’enfants, ces regards habités, cette foule silencieuse qui donnent toute sa puissance au SILA.
Une foule qui ne crie pas mais pense. Qui ne consomme pas mais construit.

Tout ceci, malgré un inconfort passager (la chaleur) que seuls des esprits capricieux ou plus enclins au gain qu’au don de soi ne purent tolérer. Certains, plutôt que de s’engager, préférèrent se poser en détracteurs, livrant leurs critiques avec une mesquinerie aussi lâche que virulente

Un prix au nom d’une filière

En recevant le Prix ASCOM 2025, Ange Félix N’Dakpri a tenu à rendre hommage à une corporation entière, souvent invisible, celle de l’édition, de la lecture, du livre. Invisible comme son équipe au sein de laquelle: Zahoui Valentin, Paul Hervé Agoubli d’objectif République, invisible comme sa famille biologique dont Philippe Kouamé, son frère, fils du Ministre Patrice Kouamé.
Le discours, sobre et profond du commissaire N’Dakpri, évoque une victoire collective, presque silencieuse, mais ô combien décisive :

« Ce prix, je l’ai reçu au nom de toute une chaîne. Une industrie lente, patiente, faite de refus et de persévérance. Une économie fragile, mais essentielle à l’intelligence collective. Je remercie mon ministère de tutelle.»

Il salua également les pionniers de l’ASSEDI, fondateurs du SILA en 1999, dont Mme Diawara et Monsieur Yves Lamblin, les maison d’édition membres, et tous les éditeurs, artisans du livre, bâtisseurs de mémoire.

LE LIVRE A PARLE, LA NATION A ECOUTE

Dans un monde qui va vite, le livre va lentement, mais il va loin.
Face à l’immédiateté du numérique, au bruit de l’image et au diktat de l’instant, le SILA incarne une économie du sens, une résistance de papier, une invitation à penser autrement.

Ce prix est une victoire culturelle, mais aussi politique : elle rappelle que la Côte d’Ivoire peut faire de la culture un levier de souveraineté, d’éducation, de cohésion.
Et que dans le tumulte, les mots peuvent encore faire événement. Du 5 au 9 mai 2026, Le rendez-vous est pris. Le Sila compris. N’Dakpri et son équipe prêts. Déjà!

ALEX KIPRE

photo:dr

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