HOMMAGE A ESSOH MÉLIANE CATHERINE : LE SOURIRE D’UNE GRANDE SŒUR, LA MÉMOIRE D’UNE FEMME DE CULTURE

1 heure

Par Alex Kipré, journaliste, écrivain, éditeur et professeur de lettres.

La nouvelle du rappel à Dieu d’Essoh Méliane Catherine, survenu le lundi 12 octobre 2026 à Abidjan, m’a plongé dans une profonde affliction.

Au-delà de la peine que suscite la disparition d’un être cher, c’est une part de près d’un demi-siècle de souvenirs, d’affection fraternelle et d’histoire partagée qui se trouve aujourd’hui douloureusement ravivée. Méliane était ma grande sœur. Je garde d’elle le souvenir d’une femme d’une douceur exquise, d’une élégance naturelle. Et d’une générosité spontanée. Dont le sourire désarmant avait le pouvoir rare d’apaiser les cœurs et d’éclairer les rencontres.

Son départ me bouleverse d’autant plus que notre lien ne s’est jamais limité à la proximité des lieux ou à la familiarité des habitudes. Il s’est construit au fil des années, dans les joies de la jeunesse, les épreuves familiales, les encouragements réciproques. Et ces gestes de solidarité qui, sans bruit, donnent à l’existence sa véritable profondeur. Certaines affections n’ont nul besoin de grandes déclarations pour révéler leur solidité. Elles se reconnaissent à la constance des attentions, à la promptitude du réconfort et à la fidélité du cœur. C’est ainsi que je me souviens de Méliane.

Une histoire fraternelle forgée dans les joies et les épreuves

A villa cadres, un quartier où tout le monde est parenté, nos familles entretenaient des liens qui dépassaient la simple cordialité. Nous appartenions, au fond, à cette même famille de cœur dont les membres savent que le bonheur des uns engage les autres et que la douleur de l’un appelle naturellement la présence de tous. Cette fraternité s’est éprouvée au fil du temps, dans les circonstances heureuses comme dans les moments les plus douloureux.

Je revois encore notre jeunesse, lorsque nous étions allés tout excités accompagner Méliane à l’occasion de son mariage. Nous étions de jeunes filles et de jeunes garçons, heureux de prendre part à ce grand moment de sa vie. De l’entourer et de contribuer, à notre manière, à son bonheur. Il y avait dans cette présence collective une spontanéité, une fraîcheur et une joie que les années n’ont pas effacées. Nous étions fiers de notre grande sœur, heureux de la voir ouvrir une nouvelle page de son existence.

Puis vint la naissance de son fils, Chris (tian) Boguifo. Je me souviens être allé la féliciter, animé, présents en mains, de cette joie sincère que l’on éprouve lorsqu’un être cher accède à une nouvelle plénitude. L’arrivée d’un enfant est toujours un événement singulier. Elle l’est davantage encore lorsqu’on partage avec sa mère une longue histoire d’affection. Voir Méliane devenir maman, donnait à notre relation une dimension nouvelle.

Aujourd’hui, le souvenir de ces instants heureux revient avec une tendresse poignante.

Mais notre fraternité s’est manifestée dans les épreuves. Au décès de notre père, le 17 aout 2023, Méliane et les siens (ses frères et Maman Essoh) avaient réagi avec une spontanéité et une sollicitude qui m’ont profondément touché. Qui ont touché les miens: mère et frères. Leur présence, leur compassion et leur manière de se rapprocher de nous dans cette circonstance douloureuse témoignaient d’une solidarité qui n’avait rien de protocolaire. Ils ne se tenaient pas à distance de notre peine : ils la considéraient comme une douleur qui les concernait aussi.

Je n’ai pas oublié cette réaction. Dans les heures où la disparition d’un père bouleverse les repères et laisse la famille face à une absence immense, la présence de ceux qui viennent spontanément partager le chagrin prend une valeur particulière. Elle rappelle que les liens authentiques se mesurent moins aux paroles prononcées dans les moments heureux qu’à la manière dont on se tient auprès des siens lorsque l’épreuve survient.

Cette proximité s’était d’abord manifestée le 9 mars 2015 lorsque le professeur Essoh Nomel Paul nous avait quittés.

Nous nous étions naturellement rendus à Dabou, puis à Débrimou, pour soutenir nos frères et accompagner la famille endeuillée. Méliane, fille aînée du professeur, traversait avec ses frères et sœurs, alors une épreuve dont on ne saurait mesurer toute la profondeur. Au-delà de la disparition d’un père, c’était aussi celle d’une référence familiale, d’un guide et d’une figure majeure de son histoire personnelle.

Nous étions présents auprès des nôtres, parce que cette douleur était aussi, à notre manière, la nôtre. Ces déplacements, ces rencontres et ces moments de recueillement ont confirmé ce que nous savions déjà . Entre nos familles s’était nouée une solidarité ancienne, entretenue par l’affection et éprouvée par les circonstances. Aujourd’hui, alors que Méliane nous quitte à son tour, ces souvenirs prennent une résonance particulièrement douloureuse.

Le professeur Essoh Nomel Paul : un père dont la sollicitude dépassait la médecine

Évoquer Méliane conduit nécessairement à rappeler la figure de son père, le professeur Essoh Nomel Paul. Il serait toutefois injuste de laisser son illustre parcours éclipser celui de sa fille. Je souhaite plutôt souligner combien l’homme qu’il fut permet de mieux comprendre certains traits de la femme qu’elle est devenue : le sens du devoir, l’attention portée aux autres, la rigueur dans l’action et cette générosité qui se manifeste sans calcul.

Médecin éminent, pédiatre passionné et professeur respecté, Essoh Nomel Paul appartenait à cette génération de praticiens pour lesquels la médecine était à la fois une science, une vocation et un engagement humain. Il ne concevait pas le savoir comme un privilège à conserver, mais comme une responsabilité à exercer et à transmettre. Dans les hôpitaux, auprès des enfants qu’il soignait, comme dans les amphithéâtres où il formait de futurs professionnels de santé, il incarnait une conception exigeante de la profession : celle qui associe la compétence à la conscience, la discipline à l’humanité et l’excellence à la transmission.

J’ai personnellement été témoin d’une dimension particulièrement touchante de cet homme

: sa manière de réagir lorsqu’un membre de notre famille était en danger. À deux reprises, lorsque mon frère Loïc avait été blessé à Arcade, puis lorsqu’il était tombé malade, le professeur Essoh Nomel Paul s’était empressé de lui porter secours. Ce qui m’a marqué dans ces circonstances, ce n’est pas seulement l’intervention du médecin, mais la promptitude du père de famille, la sollicitude immédiate de l’homme qui ne pouvait rester indifférent à la souffrance d’un enfant de la famille.

Il y avait dans sa réaction quelque chose qui dépassait le cadre strict de la consultation médicale. Avant même de voir en lui le professeur renommé, on percevait l’homme mû par une inquiétude affectueuse, celui qui se mobilise parce qu’une vie lui importe. Sa disponibilité ne semblait pas procéder d’une obligation professionnelle, mais d’un réflexe de solidarité, presque d’un devoir familial.

Il réagissait comme un père, comme mon père son collègue

Avec cette urgence du cœur qui ne laisse pas le temps à l’indifférence de s’installer.

Ces souvenirs m’ont appris à distinguer le prestige d’une fonction de la grandeur d’une personne. Le professeur Essoh Nomel Paul avait, tout comme le Dr Michel Zunon Kipré son voisin, acquis une notoriété dans le monde médical ivoirien. Mais, pour ceux qui l’ont approché dans leur intimité, sa véritable stature se révélait aussi dans ces gestes de sollicitude qui ne réclamaient ni témoins ni reconnaissance.

Je retrouve quelque chose de cet héritage humain chez Méliane. Sans prétendre confondre leurs parcours, je constate que le souci d’autrui, la disponibilité et la capacité à se réjouir des réussites des proches appartenaient à l’univers familial dans lequel elle avait grandi. Elle a reçu un héritage, mais elle l’a également interprété à sa manière, dans les domaines qu’elle a choisis et au gré des responsabilités qu’elle a assumées.

De la beauté de la jeunesse à l’élégance de l’esprit

À l’université, Méliane ne passait pas inaperçue. Sa beauté singulière avait inspiré à ses camarades, filles comme garçons, un surnom qui lui allait remarquablement : « la fille à la peau de lune ». L’expression disait la luminosité de son teint, cette beauté particulière liée à ses ascendances ivoirienne et antillaise. Elle possédait une grâce naturelle, une présence immédiatement reconnaissable et cette élégance qui ne dépend ni de l’ostentation ni de l’effort visible.

Mais, avec le recul, je mesure combien il serait réducteur de ne retenir que sa beauté physique. Méliane avait surtout cette qualité rare qui consiste à mettre les autres à l’aise sans jamais chercher à occuper toute la place. Sa douceur n’était pas de la faiblesse ; elle était une manière d’être au monde. Son sourire, à la fois lumineux et désarmant, accompagnait une parole mesurée, une écoute attentive et une bienveillance qui ne se démentait pas.

Il est des personnes dont le souvenir revient d’abord par une image. Pour Méliane, cette image est celle d’un visage souriant, d’une expression ouverte, d’un regard empreint de douceur. Mais cette image s’enrichit aussitôt de tout ce qu’elle portait : la fidélité dans les relations, l’intérêt pour le parcours des autres et la capacité à manifester son affection sans calcul.

Je repense à cette jeune femme que nous entourions lors de son mariage, à la mère que j’étais allé féliciter à la naissance de Chris, puis à la femme accomplie qui continuait de témoigner son intérêt pour ceux qu’elle avait connus depuis longtemps. Les années avaient passé, les responsabilités s’étaient multipliées, mais quelque chose de cette simplicité première demeurait intact.

Une reconnaissance qui m’oblige aujourd’hui à témoigner

Ma peine se double d’une gratitude profonde. Lorsque je publiai mon premier livre, Les Secrets de l’Académie, Méliane m’adressa des félicitations particulièrement chaleureuses. Ce geste m’avait touché, et son importance s’est accrue avec le temps. Il venait d’une grande sœur dont je connaissais la sensibilité. Mais aussi d’une professionnelle qui évoluait elle-même dans le monde du livre. En qualité de directrice de la collection littéraire ADORAS.

Son encouragement avait donc une résonance singulière. Elle savait ce que représente le travail d’écriture : les heures de réflexion, les exigences de la langue, les reprises successives, les doutes qui accompagnent la création. De même que le courage nécessaire pour soumettre une œuvre au regard des lecteurs. Son appréciation ne relevait pas d’une simple politesse familiale. Elle exprimait l’intérêt d’une femme qui connaissait les exigences de l’univers littéraire et qui savait reconnaître l’effort d’un auteur.

Elle renouvela ses félicitations à l’occasion de mes ouvrages suivants. Cette constance m’a particulièrement marqué. Méliane ne s’était pas contentée d’applaudir une première tentative. Elle avait continué de suivre mon parcours, de s’intéresser à mes publications et de m’encourager dans mon engagement d’écrivain.

Pour un auteur, ces marques de reconnaissance comptent énormément.

L’écriture est souvent un travail solitaire, exposé aux incertitudes et aux jugements. Recevoir l’encouragement d’une personne qui comprend les exigences du livre apporte une forme de réconfort intellectuel et moral. Dans mon cas, cette reconnaissance avait une valeur supplémentaire. Elle venait d’une femme que je considérais comme ma grande sœur et dont l’expérience éditoriale donnait du poids aux paroles.

Je lui en suis profondément reconnaissant. Aujourd’hui, je mesure plus vivement encore ce que représentait cette attention. Je regrette de ne pouvoir lui dire de vive voix combien ses encouragements m’ont touché. Et combien je les ai conservés dans ma mémoire. Mais le témoignage public que je lui consacre me permet, au moins, de ne pas laisser ces gestes généreux disparaître dans le silence.

La mort ne doit pas effacer la dette morale que nous avons envers ceux qui nous ont soutenus.

Elle nous impose, au contraire, de nommer ces gestes, de les restituer à leur juste valeur et de rendre hommage à ceux qui, par leur bienveillance, ont contribué à notre cheminement.

Méliane fut également présente à une étape importante de mon parcours professionnel : mon affectation au collège André-Malraux. J’y ai exercé comme professeur de lettres. Son intérêt pour ma situation et le soutien qu’elle m’a apporté ont compté dans cette évolution. N’ai oublié ni son intervention ni la solidarité qu’elle m’a manifestée. Je sais ce que peut représenter, dans la vie professionnelle, l’appui d’une personne attentive, capable de comprendre une situation et de contribuer à la faire évoluer.

Ce geste prolongeait, dans un autre registre, les encouragements qu’elle m’adressait en tant qu’écrivain.

D’un côté, elle soutenait mon travail intellectuel ; de l’autre, elle se préoccupait de mon parcours professionnel. Dans les deux cas, elle manifestait la même disposition : celle d’une femme qui ne se contentait pas de souhaiter le bien des autres, mais qui savait aussi leur témoigner concrètement son soutien.

Voilà pourquoi ma reconnaissance est si profonde. Elle ne repose pas sur un souvenir isolé, mais sur une succession d’attentions dont je mesure aujourd’hui toute la portée. Méliane m’a encouragé dans mes livres, s’est intéressée à ma carrière et a contribué, à sa manière, à certaines étapes de mon itinéraire. Je lui dois ce témoignage de gratitude, et je tenais à le lui rendre publiquement.

Une femme de devoir, de transmission et de culture

L’histoire de Méliane ne saurait se limiter à nos souvenirs personnels. Elle fut également une professionnelle accomplie, qui a consacré une part importante de sa vie à l’éducation et à l’administration scolaire.

Entrée dans la fonction publique en 1983 en qualité de professeure certifiée, elle a progressivement accédé à des responsabilités. C’était au sein du ministère chargé de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Elle a notamment exercé les fonctions d’inspecteur général de l’enseignement secondaire avant de faire valoir ses droits à la retraite. Son parcours l’a également conduite à travailler auprès de plusieurs conseillers et ministres sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny.

Les distinctions qui lui ont été attribuées témoignent de la reconnaissance de son engagement professionnel. Elle fut élevée au rang de chevalier de l’Ordre du Mérite de l’Éducation nationale en 1999. Puis d’officier du même ordre en 2009. Ces distinctions consacrent un parcours marqué par le service public, la compétence et le sens des responsabilités.

Mais la retraite n’a pas signifié pour elle le retrait de la vie intellectuelle.

En assumant la direction de la collection littéraire ADORAS, Méliane a prolongé son engagement dans un autre espace de transmission. Celui du livre. L’éducation et l’édition se rejoignent dans leur finalité profonde, qui consiste à faire circuler les connaissances. A ouvrir des horizons et à donner aux intelligences les moyens de s’épanouir.

Elle savait que le livre est bien davantage qu’un objet imprimé. Il est un espace de pensée, un instrument de connaissance, un moyen de transmission et parfois une manière de faire entendre les voix que l’on n’écoute pas suffisamment. En accompagnant une collection littéraire, elle contribuait à cette circulation des idées et à la rencontre entre les auteurs et leurs lecteurs.

La Caisse générale de retraite des agents de l’État (CGRAE) avait d’ailleurs exprimé sa fierté de compter parmi ses assurés sociaux des profils comme le sien. Cette reconnaissance rappelle que le départ à la retraite n’efface ni les mérites acquis ni la valeur sociale d’un parcours.

Méliane demeurait une femme d’expérience.

Porteuse d’une mémoire professionnelle et d’un savoir-faire qu’elle continuait de mettre au service de la culture.

C’est ici que le parcours de la fille rejoint, par un autre chemin, celui du père. Le professeur Essoh Nomel Paul transmettait la science médicale et formait des professionnels de santé. Méliane, dans l’éducation et l’édition, participait à la transmission du savoir et à la promotion des œuvres. L’un et l’autre ont exercé des métiers où le savoir prend tout son sens lorsqu’il est partagé.

Le père fut un passeur dans le domaine médical. La fille le fut dans les univers de l’enseignement et du livre. Cette parenté de vocation ne diminue en rien la singularité de Méliane. Elle souligne au contraire sa capacité à faire fructifier, dans son propre parcours, une culture familiale du travail, de la rigueur et de la transmission.

Une absence qui ravive la mémoire et oblige à la gratitude

Aujourd’hui, les souvenirs affluent. Je revois Méliane à l’époque de notre jeunesse, son mariage que nous avions accompagné avec bonheur, la naissance de Chris et la joie que j’étais allé partager avec elle. Je repense à son sourire, à sa douceur, à sa manière de manifester son affection. Mais aussi à la spontanéité avec laquelle elle et les siens nous ont soutenus dans les moments douloureux.

Je revois également le professeur Essoh Nomel Paul se mobilisant pour mon frère Loïc, non seulement avec la compétence du médecin, mais avec l’inquiétude et l’empressement d’un père. Me souviens de la solidarité de nos familles au décès de mon propre père, puis de notre présence à Dabou et à Débrimou lorsque nous sommes allés soutenir nos frères après la disparition du professeur.

Ces événements ne sont pas des souvenirs juxtaposés. Ils composent une histoire commune, faite de proximité, de confiance et de réciprocité. Ils expliquent pourquoi le départ de Méliane me touche aussi profondément.

Je ne perds pas seulement une personne que j’estimais.

Je vois s’éloigner une figure familière de cette histoire familiale et affective qui a accompagné une grande partie de ma vie.

Et pense aussi à ses félicitations lorsque mes livres paraissaient, à son soutien lors de mon affectation au collège André-Malraux. Et à cette manière qu’elle avait de se réjouir sincèrement des avancées des autres. Son souvenir m’enseigne une nouvelle fois que les liens les plus précieux sont souvent ceux qui se manifestent sans bruit, mais dont l’absence se révèle immense.

À son fils, Chris (tian) Boguifo, à la grande famille Badi-Laël de Débrimou et du Leboutou, à ses frères et sœurs, à la famille du professeur Essoh Nomel Paul et à tous ceux que cette disparition plonge dans le chagrin, j’adresse mes condoléances les plus émues. Je souhaite que les souvenirs heureux, la solidarité des proches et la force de la foi puissent apporter à chacun le réconfort nécessaire pour traverser cette douloureuse épreuve.

À Chris, je voudrais dire combien sa mère laisse derrière elle une empreinte faite d’amour, de dignité et de générosité.

Son parcours professionnel, son engagement dans la transmission et l’affection qu’elle a semée autour d’elle constituent un héritage dont il pourra toujours se réclamer avec fierté.

Pour ma part, je garderai de Méliane Catherine le souvenir d’une grande sœur aimante, d’une femme de culture et d’une personne dont la beauté du cœur répondait à celle du visage. Je lui dois des encouragements précieux, un soutien professionnel dont je n’ai jamais oublié la portée et ces attentions fraternelles qui donnent aux relations humaines leur véritable noblesse.

Merci, grande sœur, pour ton affection, pour tes encouragements, pour tes félicitations sincères. Et pour ce sourire désarmant qui restera gravé dans ma mémoire.

Merci d’avoir cru en mes livres.

De t’être réjouie de mes avancées et d’avoir su, par ta présence et tes gestes, donner à notre fraternité toute sa profondeur.

Le vendredi 30 octobre 2026, lorsque tu seras conduite à ta dernière demeure au cimetière de Williamsville, je t’accompagnerai par la pensée. Avec une immense tristesse et une infinie reconnaissance. Je penserai à la jeune femme lumineuse de nos années de jeunesse. A la mère de Chris, à la professionnelle accomplie. A la directrice de collection attentive aux auteurs et à cette grande sœur dont la bienveillance a accompagné mon existence.

Je penserai aussi à nos familles, à nos pères, aux épreuves traversées ensemble et à tous ces moments qui, longtemps après avoir été vécus, continuent de donner sens à nos vies.

Les années partagées ne s’effacent pas avec ceux qui nous quittent. Elles demeurent dans les consciences, dans les gestes dont on se souvient et dans les paroles que l’on continue de porter en soi. Deviennent une mémoire vivante, une manière de prolonger la présence de ceux que la mort nous a ravis.

Repose en paix, Méliane Catherine. Que le Seigneur t’accueille dans sa lumière, qu’Il accorde à ton fils et à toute ta famille la consolation nécessaire. Et qu’il fasse de ton souvenir une source durable de paix et d’espérance.

Ma grande sœur de cœur, femme de culture, professionnelle de la transmission et âme généreuse, tu demeureras dans ma mémoire. Avec ton sourire désarmant, ta douceur exquise et cette bienveillance qui fut l’une des plus belles signatures de ta présence au monde.

ALEX KIPRE
Journaliste, écrivain, éditeur et professeur de lettres

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