9 mars: Aboudramane Sangaré, mémoire vivante d’une loyauté politique

2 mois

Le 9 mars 2026, Aboudramane Sangaré aurait célébré ses quatre-vingts ans. Figure majeure de la lutte politique ivoirienne, fidèle compagnon de Laurent Gbagbo.

Et cofondateur du Front populaire ivoirien, il demeure dans la mémoire collective comme un homme de conviction, de fidélité et de courage politique.

Né le 9 mars 1946 à M’Bahiakro, Aboudramane Sangaré incarne une génération engagée dans les luttes démocratiques ivoiriennes.

Très tôt, ses études et son parcours universitaire le conduisent vers l’engagement politique et les combats idéologiques.

C’est à l’université d’Abidjan qu’il rencontre Laurent Gbagbo, scellant une amitié politique durable et déterminante pour l’histoire nationale.

Tous deux partagent alors les mêmes convictions et affrontent ensemble les premières épreuves politiques sous le régime Félix Houphouët-Boigny.

Leur engagement commun les conduit même à la prison en 1971, renforçant davantage leur solidarité et leur détermination politique.

Dans les années quatre-vingt, Sangaré participe activement à la création clandestine du Front populaire ivoirien.

Il devient alors l’un des architectes intellectuels et organisationnels de ce mouvement politique engagé pour le multipartisme.

Homme discret, calme et déterminé, il acquiert progressivement une réputation de stratège politique respecté.

Cette loyauté sans faille lui vaut le surnom de « gardien du temple » au sein du parti.

Lorsque Laurent Gbagbo accède à la présidence en 2000, Sangaré devient ministre des Affaires étrangères.

À ce poste, il défend la souveraineté ivoirienne avec conviction sur la scène diplomatique internationale.

Durant la crise postélectorale de 2010-2011, il choisit de rester fidèle à son camp malgré les risques.

Après l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, Sangaré subit lui aussi l’épreuve de la détention.

Libéré plus tard, il poursuit inlassablement son combat politique pour ses convictions et ses idéaux.

Jusqu’à sa disparition le 3 novembre 2018 à Abidjan, il restera une figure emblématique de loyauté.

Aujourd’hui encore, son parcours inspire ceux qui croient en l’engagement politique guidé par la fidélité.

En ce 9 mars 2026, la Côte d’Ivoire se souvient d’un homme de principe.

Un homme dont la mémoire continue d’habiter l’histoire politique du pays et les consciences militantes.

FATEM CAMARA

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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