Politique ivoirienne: Toh Bi, Tiémoko, Djè Bi Djè…. que vaut le nouveau personnel ?

9 mois

Formés dans un système scolaire en crise, portés par la notoriété plus que par l’idée, certains aspirants politiques peinent.


Ils manquent d’idéologie, de projet structuré et surtout de profondeur historique. Le pouvoir devient fin, non plus moyen.

Ceux qui veulent prendre le relais politique étaient encore jeunes vers 1990, l’année où l’école ivoirienne s’est effondrée brutalement.
Ils ont grandi entre année blanche, grèves à répétition, instabilité académique. Leur formation, bien que diplômante, est restée très fragile.
Ces lacunes les ont suivis dans la vie publique : manque de rigueur intellectuelle, faiblesse idéologique et absence de vision cohérente.
Contrairement aux anciens, ils n’ont ni socle de pensée, ni projet structuré, ni même une volonté clairement formulée de gouverner.

Le PDCI, avec le slogan « On nous a trop volé », posait une réflexion collective, base d’un projet de société.


Le FPI, quant à lui, est né d’un substrat idéologique solide, enrichi d’une proposition constitutionnelle sérieuse et documentée.
Lorsque Guéi lance sa réforme constitutionnelle, seul le FPI répond avec des contre-propositions, preuve d’un ancrage intellectuel réel.

En 1992, quand les étudiants sont matés, Gbagbo sort dans la rue, au risque de tout perdre, sans calcul.


Ce geste reste en mémoire. Il crée une légitimité politique, même si son bilan en tant que dirigeant est discutable.
Les anciens avaient un idéal, un courage politique, une ligne directrice. Les nouveaux, eux, veulent briller sans vision claire du pouvoir.
On les voit devant les caméras, mais jamais derrière une pensée structurée, un texte fondateur ou un programme assumé.


Ils veulent être connus, parler fort, récolter des fonds, mais rarement- à une exception près-construire, débattre ou proposer une vraie alternative politique.
Ce vide idéologique fragilise toute prétention au leadership. Sans colonne vertébrale, l’ambition devient spectacle plus que transformation.
Et tant que ce vide ne sera pas comblé, le pays tournera en rond, porté par des figures sans fond. Des figures au final pire que celles à qui elles auront succédé.

Prenons l’exemple de Toh Bi et Assalé Tiémoko, alliés autoproclamés à la dernière présidentielle.

Soudés devant les caméras uniquement.
Depuis leur alliance, aucune initiative commune, aucun projet partagé, aucun discours coordonné : le silence a remplacé la prétendue convergence politique.
Rien ne lie réellement leurs trajectoires sinon un moment d’opportunité, capté comme un cliché à valeur symbolique, sans suite réelle.
C’est là toute la limite de cette génération politique : des alliances cosmétiques, sans socle idéologique ni ambition collective véritablement construite.
Quand l’alliance ne survit même pas à six mois de communication, comment gouverner ensemble cinq ans de tensions et de défis ?
Le pouvoir ne peut pas être un selfie à deux ; il demande du ciment, des fondations, du souffle et de la rigueur.

FATEM CAMARA (Stagiaire)

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

DU MEME SUJET

5 mai: Henri Konan Bédié, il les aurait eus

À la date où il aurait eu 92 ans, retour sur la

24 avril: Gaston Ouassénan Koné, l’homme du 7 août

Le 24 avril 2026 marque l’anniversaire d’un homme dont le geste historique