Cameroun: Paul Biya gouvernera jusqu’à 99 ans.

9 mois

À 92 ans, Paul Biya prolonge son règne de plus de quatre décennies, malgré une opposition qui dénonce des fraudes et appelle à la mobilisation.

Le président Paul BIYA réélu pour un huitième mandat consécutif. Selon  le Conseil constitutionnel camerounais. Âgé de 92 ans, il a obtenu 53,66 % des suffrages, confirmant sa position de plus ancien chef d’État en exercice au monde.

L’annonce intervient deux semaines après le scrutin du 12 octobre 2025. Le taux de participation est en baisse et un climat de tension politique monte. Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre devenu principal opposant, qui a échappé à un enlèvement arrive en deuxième position avec 35,19 % des voix.

Contestant ces résultats, M. Tchiroma a revendiqué la victoire et dénoncé de « graves irrégularités » lors du vote. Il appelle ses partisans à défendre pacifiquement leur victoire et à « faire respecter la vérité des urnes ».

À Douala et Yaoundé, plusieurs centaines de manifestants ont bravé l’interdiction de rassemblement. Ils ont protesté contre la proclamation officielle. Les forces de sécurité ont dispersé les foules à coups de gaz lacrymogènes. Et de tirs de sommation, faisant au moins quatre morts selon les autorités régionales.

Depuis le matin du verdict, des patrouilles mixtes de police et de gendarmerie occupent les principaux carrefours des grandes villes. Les commerces sont restés fermés, les transports ralentis et la population redoute de nouveaux affrontements.

Malgré ces tensions, le Conseil constitutionnel a validé le scrutin. Affirmant qu’il s’était « déroulé conformément à la loi ». On a rejeté les recours déposés de l’opposition.

Biya un nouveau mandat de sept ans.

Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, reste la deuxième figure politique à diriger le Cameroun depuis l’indépendance de la France en 1960. Surnommé le « Sphinx de Yaoundé », il a traversé les décennies sans céder aux appels à l’alternance politique.

Connu pour sa discrétion publique et son style de gouvernance ultra-centralisé, Paul Biya a survécu à plusieurs crises : contestations électorales, rébellions dans les régions anglophones et difficultés économiques persistantes.

Pour ses partisans, sa réélection symbolise la stabilité et la continuité d’un État confronté à la menace terroriste et aux divisions internes. Pour ses détracteurs, elle illustre un immobilisme politique qui prive la jeunesse camerounaise de perspectives. Et de renouvellement démocratique.

La victoire du président met également en lumière la désunion chronique de l’opposition. Elle est incapable de présenter un candidat unique face au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Le parti dominant depuis plus de quarante ans.

MARIE GNIALET

photo:dr

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