La 4ᵉ édition de « L’Art dans la Rue » revient à Treichville avec une ambition forte : transformer les déchets, sensibiliser les habitants et installer l’écologie au cœur de la création artistique.
La nouvelle édition de « L’Art dans la Rue » se tiendra du 2 au 7 décembre 2025 à Treichville.
L’avenue 22 – rue 20 sera entièrement réservée aux installations, ateliers et performances engagées.
Le thème retenu, « Art et écologie », invite fortement à une réflexion collective sur une culture durable et responsable.
Pour Mamadou Ballo, l’événement doit montrer que la création artistique peut naître des déchets que nous abandonnons quotidiennement.
Il rappelle que le festival défend depuis ses débuts une vision alliant environnement, culture et pédagogie citoyenne.
Depuis 2022, plus de quinze artistes internationaux ont participé à cette initiative créative et profondément écoresponsable.
Le festival a aussi formé de nombreux jeunes et créé une plateforme dédiée au recyclage artistique.
L’édition 2025 propose des ateliers variés, des expositions, des performances, une parade et des visites guidées.
La parade d’ouverture présentera des vêtements entièrement réalisés à partir de matériaux réutilisés ou détournés.
Ces créations veulent illustrer la transformation possible des déchets que nous traitons comme des objets sans valeur.
Pour Ballo, les détritus jetés finissent souvent dans la lagune, la mer ou les dépotoirs publics.
Il insiste sur leur potentiel concret : des matières prêtes pour une seconde vie utile ou créative.
« Ce ne sont pas des déchets », affirme-t-il, « mais des ressources capables d’inspirer et de protéger la planète ».
Le commissaire met également en avant la dimension pédagogique du projet artistique.
Il souhaite toucher les personnes qui ne fréquentent pas les musées ou les galeries traditionnelles.
L’objectif est d’amener l’art directement dans la rue et d’encourager un échange spontané avec le public.
« Ce qui se passe ici se vit plus qu’il ne s’explique », confie l’artiste avec conviction.
Dix artistes participeront cette année, dont cinq créateurs venus de France, du Burkina Faso et du Nigeria.
La grande nouveauté 2025 est l’arrivée de la photographie, reconnue comme discipline porteuse d’émotions fortes.
Ballo espère dépasser les trois mille visiteurs enregistrés lors de la précédente édition du festival.
Il rappelle que l’art peut devenir un puissant moteur de sensibilisation environnementale et d’innovation sociale.
Il appelle enfin la population à se mobiliser pour cet événement créatif et collectif.
« Le tam-tam ne se joue pas lui-même », dit-il, invitant chacun à venir découvrir les œuvres proposées.
On soulignera la présence de Mimi Errol: un grand homme.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
