À la veille du 8 novembre, le préfet d’Abidjan, Andjou Koua, a rappelé au Parti des peuples africains–Côte d’Ivoire (PPA-CI) que toute manifestation demeure strictement interdite sur le territoire national.
Invoquant la nécessité de préserver l’ordre public et la tranquillité des populations.
Le préfet d’Abidjan, Andjou Koua, a mis en garde les dirigeants du PPA-CI contre l’organisation d’une marche de protestation samedi prochain.
Cette manifestation, prévue le 8 novembre 2025 à Cocody, est jugée contraire à une mesure d’interdiction toujours en vigueur.
Dans un communiqué publié vendredi, la préfecture rappelle que tout rassemblement politique demeure suspendu pour des raisons de sécurité publique.
Le PPA-CI avait pourtant notifié aux autorités locales son intention de tenir une marche pacifique dans les rues d’Abidjan.
Le préfet a évoqué l’arrêté interministériel n°0755/MIS/MEMD du 17 octobre 2025, valable sur tout le territoire ivoirien.
Ce texte interdit pour deux mois toutes les réunions et manifestations publiques des partis politiques et groupements affiliés.
Andjou Koua invite les organisateurs à se conformer strictement aux dispositions légales pour éviter tout risque de débordement.
Il prévient que toute violation des termes de l’arrêté exposera ses auteurs à des sanctions prévues par la loi.
La préfecture insiste sur la responsabilité civique de chaque citoyen pour préserver la quiétude et la stabilité dans la capitale économique.
Le préfet appelle les populations du district d’Abidjan à éviter toute participation à des rassemblements non autorisés.
Cette mise en garde s’inscrit dans un climat politique encore tendu après les dernières élections législatives contestées par l’opposition.
Le PPA-CI, fidèle à son discours de résistance, continue de dénoncer le quatrième mandat du président Alassane Ouattara.
Les autorités préfectorales affirment vouloir éviter toute confrontation entre forces de l’ordre et militants mobilisés dans les quartiers sensibles.
Depuis plusieurs semaines, des appels à la prudence se multiplient afin d’éviter un nouvel épisode de violences politiques à Abidjan.
La préfecture souligne que la liberté d’expression reste garantie, mais qu’elle doit s’exercer dans le respect des règles républicaines.
Les partisans de Laurent Gbagbo, eux, affirment que leur marche visait simplement à exprimer un désaccord politique pacifique.
Entre fermeté administrative et méfiance politique, le ton reste mesuré mais la tension demeure perceptible dans les milieux militants.
Le préfet Andjou Koua conclut en rappelant que la paix sociale reste un bien commun que chacun doit s’efforcer de protéger.
Cette décision illustre la fragilité de la coexistence entre autorité de l’État et liberté d’expression dans la Côte d’Ivoire post-crise.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
