Abidjan: le préfet interdit la marche de l’opposition

5 mois

À vingt quatre heures d’un grand rassemblement annoncé, le pouvoir tape du poing et verrouille la capitale d’un arrêté sec.

Le Front Commun PPA-CI/PDCI-RDA à l’arrêt. Mais les tensions, elles, ne demandent plus la permission pour s’installer.

À Abidjan, ce n’est plus l’opposition qui inquiète le pouvoir, c’est l’ombre de la foule qu’elle peut convoquer.

Le 2 octobre, le préfet d’Abidjan signe un couperet administratif sec et sans appel : la rue sera muette samedi prochain.

Le Front Commun PPA-CI/PDCI-RDA, qui préparait une marche d’ampleur, se heurte à un mur légalement bétonné et politiquement suspicieux.

L’arrêté préfectoral invoque le « risque élevé de trouble à l’ordre public » pour étouffer dans l’œuf toute velléité de contestation visible.

La boucle bouclée : on vous interdit de marcher pour ne pas vous voir courir, même pacifiquement, vers la République.

Le trajet annoncé, du rond-point Saint-Jean jusqu’à Sococé, est désormais zone interdite à toute démocratie en baskets et pancartes.

Le régime sort la carte de l’autorité administrative, pendant que l’opposition brandissait celle de la mobilisation républicaine et de la paix.

Les discours de dialogue tombent à plat dès lors qu’on confond manifestation populaire et prémices d’insurrection politique organisée.

Le préfet invoque sa mission de maintien de l’ordre public, mais omet volontairement celle de garantir les libertés fondamentales.

La sécurité devient l’excuse parfaite pour verrouiller tout espace d’expression, surtout quand il vient d’une opposition encore audible.

Les grands uniformes sont déjà alignés : préfet de police, commandant de région et gendarmerie sont mobilisés comme pour une guerre annoncée.

L’État dégaine ses muscles institutionnels pendant que les partis d’opposition réclament simplement le droit de battre le pavé sans matraques.

La marche devait être un message, elle devient un test : jusqu’où le pouvoir ira-t-il pour bâillonner ce qu’il ne veut entendre ?

La tension grimpe à Abidjan, la capitale retient son souffle, et les silences officiels couvrent mal la nervosité du terrain.

La vraie question n’est plus seulement juridique : que fera le Front Commun ? S’inclinera-t-il ou défiera-t-il l’interdit imposé ?

Abidjan s’apprête à vivre un week-end sous surveillance pesante, avec ses avenues prêtes à accueillir caméras, policiers, et frustrations sociales.

La décision du préfet, sous couvert d’ordre public, alimente un désordre politique bien plus dangereux : celui de l’asphyxie démocratique.

Dans une élection où les voix dissonantes sont déjà exclues des urnes, on veut désormais les effacer aussi des trottoirs.

FATEM CAMARA

photo:dr

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