Dans un climat de tension politique croissante, deux secrétaires généraux adjoints du PPA-CI ont été incarcérés.
La justice semble viser désormais les hautes sphères du parti fondé par Laurent Gbagbo.
Le rideau est tombé brutalement ce mardi 30 septembre 2025 :
On a conduit Dahi Nestor Douhouré et Blaise Lasm, secrétaires généraux adjoints du PPA-CI au PPA. Ils étaient sous escorte.
Une incarcération sans déclaration officielle, dans un silence que d’aucuns qualifient déjà de politique.
La juge d’instruction du 10ᵉ cabinet, les avait entendus au tribunal d’Abidjan-Plateau, dans un dossier encore flou.
Les autorités judiciaires n’ont communiqué aucun motif précis, renforçant les interrogations sur une affaire aux contours volontairement opaques.
Qui est Blaise Lasm ? Portrait d’un militant à l’ascension freinée
Coopté à ses débuts pour diriger la jeunesse du parti, Blaise Lasm avait déjà dépassé l’âge limite de 31 ans requis pour le poste.
Il a donc été propulsé à un rang plus stratégique : Secrétaire général adjoint du PPA-CI, en charge des relations avec les prisonniers politiques.
Ironie cruelle du destin : celui qui plaidait pour les droits des détenus politiques se retrouve désormais derrière les barreaux.
La fonction qu’il exerçait le plaçait au cœur des luttes pour la libération des camarades incarcérés. Aujourd’hui, il devient à son tour un symbole.
Doté d’une répartie redoutable, il sait structurer ses interventions, manier chiffres et anecdotes pour appuyer ses idées.
La dérision est une arme qu’il manie à la perfection, ce qui le rend redoutable lors des joutes politiques.
Originaire de Dabou, il garde un œil sur sa région natale. Tout en nourrissant des ambitions locales à Koumassi.
Il s’était positionné pour les législatives dans cette commune. Mais avait dû se retirer au profit des alliés du PDCI, dans le cadre d’un accord stratégique.
Ses proches le décrivent comme une figure montante, parmi ceux que l’on voit déjà capables d’incarner l’après-Gbagbo au sein du parti.
La veille de cette arrestation, plusieurs figures du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire avaient reçu des convocations :
Damana Pickass, vice-président stratégique du parti, Koua Justin, Ikpo Lagui, entre autres, se sont présentés aux autorités sans incidents.
À l’issue de ces auditions, Damana Pickass a indiqué que le procureur leur avait fait savoir qu’il disposait d’informations compromettantes.
Et les avait mis en garde contre tout comportement pouvant troubler l’ordre public.
Tous ont été auditionnés, certains relâchés, d’autres restent sous étroite surveillance.
Dans le même mouvement, on a interrogé Marie-Odette Lorougnon à la préfecture de police. On l’accuse d’avoir tenu des propos xénophobes à Bonoua, lors d’un rassemblement ce week-end.
Le procureur de la République, Koné Braman, semble avoir activé un mécanisme judiciaire. Il ciblerait les piliers du PPA-CI, dans une séquence à forte charge politique.
Pour certains observateurs, ces arrestations pourraient annoncer une vaste offensive contre l’opposition. A quelques mois d’échéances électorales cruciales.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

