Le vendredi 12 septembre, à 16h30, la cour de la chancellerie s’est parée de ses plus beaux atours pour accueillir les nouveaux décorés.
Une cérémonie forte, émouvante, pleine de reconnaissance envers celles et ceux qui, souvent dans le silence, construisent la grandeur culturelle, sociale et artistique de leur pays.
Ils avaient déposé leur CV en août. Début septembre, la confirmation est tombée. Chacun s’est alors préparé, souvent accompagné d’invités proches, pour cette reconnaissance attendue. Parfois espérée depuis longtemps.
La cérémonie s’est tenue le vendredi 12 septembre à 16h30, dans la cour solennelle de la chancellerie. C’était en présence de M. Ally Coulibaly, du président de la Cour de Cassation, des ministres Françoise Remarck, Raymonde Goudou.
Commandeurs, officiers, chevaliers… Les distinctions ont été remises avec émotion et fierté. Parmi les personnalités honorées :
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Massidi Adiatou, grande chorégraphe, dont le talent rayonne bien au-delà des scènes ;
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Aboudia, peintre artiste contemporain reconnu sur la scène internationale ;
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Ciss St Moïse, styliste;
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Et tant d’autres, moins connus du grand public mais tout aussi essentiels : Axel, le chocolatier, artisan du goût, le responsable des enfants d’Odiénné, acteur de terrain au service des plus vulnérables.
Sa décoration n’est pas une faveur, mais une évidence
L’un d’eux, récompensé pour son silence discret et efficace, incarne parfaitement la maxime souvent oubliée : « On n’est jamais prophète chez soi. » Pourtant, ce jour-là, le pays a su reconnaître ses prophètes, ses bâtisseurs de l’ombre.
La cérémonie fut magnifiquement animée par un orchestre féminin de l’INSAAC, avec chœur, balafon, djembé et musique originale. Une prestation artistique qui a su rendre hommage à la richesse et à la diversité de la culture francophone.
Enfin, Massidi a été reconnu. Une reconnaissance tardive, mais éclatante. Une reconnaissance partagée, offerte à tous ceux qui font, au quotidien, la grandeur de la francophonie.
Massidi Adiatou s’impose comme l’un des symboles les plus forts de la cérémonie du 12 septembre. Danseur, chorégraphe et metteur en scène ivoirien, il incarne la puissance de la création contemporaine africaine, ancrée dans la tradition mais tournée vers le monde.
En 2024, son talent éclate aux yeux de l’Europe : sacré 3ᵉ artiste de l’année sur le continent, il fait sensation avec son spectacle « On descend à la Rue Princesse », ovationné au Grand Théâtre de Limoges en septembre dernier.
Ce cabaret chorégraphique, inspiré de la célèbre rue festive d’Abidjan, mêle danse urbaine, mémoire populaire et critique sociale.
Dans un langage scénique vibrant. Le pari audacieux d’intégrer le coupé-décalé à l’opéra est un triomphe : l’Afrique populaire entre par la grande porte des scènes classiques.
Massidi n’en est pas à son premier coup d’éclat. Dès 2017, lors des Jeux de la Francophonie à Abidjan, il s’illustre avec « Farro-Farro », un spectacle joué plus de 67 fois dans le monde. Sa gestuelle expressive, son esthétique puissante et son regard sans concession sur la société font de lui un créateur respecté, entre respect des racines et exploration des possibles.
Créer, transmettre, militer : c’est ainsi qu’il conçoit son art. Toujours enraciné en Côte d’Ivoire malgré les reconnaissances internationales. En ce 12 septembre, sa décoration n’est pas une faveur, mais une évidence. Massidi Adiatou n’est plus seulement un artiste reconnu. Un corps en mouvement qui porte l’histoire d’un peuple. On commençait à crier à l’injustice. Le tort est réparé.
AK
photos:dr
POUVOIRS MAGAZINE

