À un mois de l’élection présidentielle, l’opposition camerounaise sort de l’ombre avec un choix stratégique : Issa Tchiroma Bakary.
Tandis que Maurice Kamto est écarté par le système, Paul Biya, 92 ans, vise un huitième mandat. Une mascarade ou une manœuvre de rupture ? Le 12 octobre dira si le vent tourne.
Le 12 octobre 2025, les Camerounais retourneront aux urnes, pour élire – ou reconduire – leur président. Onze candidats s’alignent, mais un seul nom continue de hanter l’actualité politique : Paul Biya, 92 ans, dont le règne s’étire depuis 1982.
Et pourtant, ce scrutin aurait pu marquer un véritable tournant. Jusqu’à ce qu’un nom disparaisse de la liste officielle : Maurice Kamto, principal opposant, recalé par Elecam et le Conseil constitutionnel.
Face à cette exclusion, les tractations s’intensifient. L’opposition, éparpillée, tente de sauver les meubles. Samedi 13 septembre, Issa Tchiroma Bakary, 76 ans, ancien ministre de la Communication, est désigné candidat unique de l’opposition, par l’Union pour le changement en 2025, une plateforme informelle réunissant plusieurs partis et figures politiques.
Le vote, unanime, reflète une stratégie de survie plus qu’un véritable consensus.
Même Anicet Ekane, qui avait initialement parrainé Kamto, s’y rallie.
Le silence de Maurice Kamto est, pour l’instant, assourdissant. Aucune consigne de vote, aucune déclaration officielle. Mais en coulisses, les négociations ont été intenses entre lui, Bello Bouba Maïgari et Tchiroma Bakary. Rien de concret n’en est sorti.
Selon le communiqué publié par l’Union pour le changement, les discussions restent ouvertes, même avec les candidats recalés, à condition qu’ils soient disposés à « mutualiser les énergies ».
Reste à savoir si cette opposition recomposée, avec un Tchiroma sorti de l’ombre, peut véritablement ébranler le vieux système de Biya. Après tout, ce dernier affronte encore une fois les urnes, comme s’il s’agissait d’une formalité.
Et si cette fois était différente ? Ou alors, simplement, le même scénario rejoué sous un autre décor.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

