L’ASEC retourne chez Guillou… en silence

5 mois

Ils ont bâti ensemble l’académie la plus mythique du football africain, révélant des stars mondiales comme Yaya Touré et Salomon Kalou.

Vingt ans plus tard, Roger Ouegnin continue d’exclure Jean-Marc Guillou de l’ASEC… tout en enrôlant discrètement les joueurs formés dans son nouveau centre. Une contradiction troublante qui pose une question simple : et si l’avenir du football ivoirien passait par un retour à l’essentiel — l’union des bâtisseurs ?

Parmi les grandes réussites du football africain, l’histoire de l’Académie Mimosifcom brille d’un éclat particulier. Née d’un partenariat visionnaire dans les années 1990 entre Roger Ouegnin, président emblématique de l’ASEC Mimosas, et Jean-Marc Guillou, technicien passionné et ex-international français, cette académie a révolutionné la formation des jeunes talents en Côte d’Ivoire — et bien au-delà.

De cette union est née une génération dorée : Yaya Touré, Kolo Touré, Salomon Kalou, Gervinho, Emmanuel Eboué… Des noms qui ont porté haut les couleurs de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale. L’Académie Mimosifcom, avec sa méthode rigoureuse, sa vision à long terme et son ancrage dans les réalités africaines, a été pionnière. Elle a été, pendant un temps, la référence absolue du continent.

Une séparation aux lourdes conséquences

Mais ce partenariat fructueux n’a pas survécu à l’épreuve du temps. En 2001, des dissensions — principalement d’ordre financier et managérial — ont conduit à une rupture nette. Roger Ouegnin, figure centrale du football ivoirien, a évincé Jean-Marc Guillou du projet qu’il avait lui-même conçu. Depuis, l’Académie Mimosifcom existe toujours, mais son éclat s’est éteint. Plus aucun joueur de renom n’en est véritablement sorti. Le modèle est resté, mais l’âme semble avoir déserté les lieux.

Guillou formateur, Ouegnin recruteur : les retrouvailles que personne n’assume

Jean-Marc Guillou, de son côté, n’a pas tourné la page. Il est revenu en Côte d’Ivoire, à Djekanou cette fois, pour fonder un nouveau centre fidèle à sa philosophie du jeu. La maîtrise technique et l’intelligence tactique y sont inculquées dès le plus jeune âge. Ironie du sort, aujourd’hui, l’ASEC et son président n’hésitent pas à venir « piocher » dans cette nouvelle pépinière pour combler les lacunes de l’ancienne académie.

Comble du paradoxe — voire de l’incohérence — Roger Ouegnin vient tout juste de recruter 3 jeunes joueurs, dont Amani et Gnahoré Guy Serge, tous formés dans le centre de Jean-Marc Guillou à Djekanou. Une attitude difficile à comprendre, voire embarrassante, quand on se souvient de l’effort déployé pour écarter ce même Guillou du projet d’origine. Comment continuer à puiser dans un savoir-faire que l’on a publiquement rejeté ?

Le vrai courage : rebâtir ensemble

Face à cette réalité, une question simple se pose : pourquoi ne pas envisager une réconciliation ? Pourquoi ne pas unir de nouveau les compétences de gestion de Roger Ouegnin à l’expertise footballistique de Jean-Marc Guillou ? Pourquoi continuer à marcher chacun dans son couloir alors que le succès d’hier reposait justement sur une complémentarité rare ?

Le football ivoirien, en quête de relève crédible, mérite mieux que des querelles d’ego ou des différends économiques anciens. Il mérite une vision commune, nourrie par l’expérience et tournée vers l’avenir. Le talent, en Côte d’Ivoire, ne manque pas. Mais sans une structure solide, sans une pédagogie éprouvée, ces jeunes pousses risquent de ne jamais éclore.

L’héritage en jeu

Jean-Marc Guillou n’est pas éternel. Roger Ouegnin non plus. Leur héritage commun, lui, peut traverser les générations — à condition de faire preuve de lucidité et d’humilité. Se retrouver autour d’un projet national, remettre sur pied une vraie académie d’excellence, redonner à l’ASEC (et au football ivoirien) le rôle de locomotive qu’il avait jadis : voilà le véritable défi.

Car à la fin, l’histoire jugera moins les trophées accumulés que la trace laissée. Et rien ne serait plus fort que de voir ces deux bâtisseurs du football africain, jadis réunis par la passion et aujourd’hui séparés par des choix divergents, renouer le fil de leur œuvre commune.

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DESIRE THEA

photo:dr

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