Le leader du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a marqué les esprits lors de son meeting à Yopougon, où il a réaffirmé sa détermination à contrer un éventuel 4ème mandat d’Alassane Ouattara.
Une prise de position forte qui occupe une place centrale dans les journaux ce lundi 18 août 2025.
Dans l’arène politique ivoirienne, la tension ne cesse de monter à l’approche de la présidentielle de 2025. Laurent Gbagbo, président du Parti des Peuples Africains (PPA-CI), a secoué la scène politique. C’était lors de son meeting du samedi 16 août 2025, à Yopougon. Devant une foule en liesse, l’ex-président ivoirien a adressé un message sans équivoque à son principal adversaire, Alassane Ouattara. Pour Gbagbo, la question est claire : « Allez lui dire qu’il ne fera pas de 4ème mandat, il faut arrêter de rêver. »
La presse s’est empressée de relater cet événement majeur. Le Quotidien d’Abidjan résume la déclaration de Gbagbo en une phrase percutante : « En meeting à Yopougon samedi dernier, Gbagbo se dresse et indique la porte de sortie à Ouattara ». Un message qui résonne comme un défi lancé au président sortant, et qui a fait écho dans plusieurs journaux. Le Nouveau Réveil rapporte : « Je suis contre le 4ème mandat de Ouattara ». Une prise de position que beaucoup interprètent comme un avertissement sérieux dans la course à la présidence.
Cependant, le meeting de Gbagbo n’a pas été seulement une déclaration de guerre contre Ouattara. Le leader du PPA-CI a également salué certains acquis du président sortant. Notamment ses efforts en matière de développement. Le Jour Plus titrait : « Coup de théâtre au meeting du PPA-CI : Gbagbo salue l’œuvre de développement accomplie par Ouattara ». Un clin d’œil surprenant, mais révélateur de la complexité du rapport entre les deux hommes.
Mais au-delà de ces concessions, la ligne de front reste tracée.
Le leader de l’opposition continue de marteler que le 4ème mandat est impensable. Tant pour Ouattara que pour la démocratie ivoirienne. Le président Gbagbo a insisté : « Il n’y aura pas de 4ème mandat ». En faisant de cette question un axe central de sa campagne.
Les différents journaux se sont montrés partagés dans leur interprétation. Si certains, comme Le Temps et L’Eléphant déchaîné, saluent la fermeté de Gbagbo, d’autres, à l’instar du Patriote, dénoncent des propos démagogiques et haineux. Cette guerre des mots témoigne d’un climat de polarisation extrême à l’approche des élections.
Dans ce contexte de tensions croissantes, L’Inter soulignait également un autre aspect du discours de Gbagbo. En mettant en lumière ses critiques contre les propos xénophobes de ses partisans. Rappelant que l’unité du pays ne saurait se faire au détriment de certaines communautés.
Enfin, dans une société ivoirienne où la politique souvent se marque de discours forts, Gbagbo, fidèle à sa réputation, ne fait pas dans la demi-mesure. À Yopougon, il a une nouvelle fois rappelé sa volonté de défendre ce qu’il considère comme les principes fondamentaux de la souveraineté ivoirienne. Et avec des titres comme : « Gbagbo indique la porte de sortie à Ouattara » ou encore « Yopougon : l’opposition fait bloc », la presse illustre la radicalisation de la campagne en cours.
En parallèle, les journaux comme Le Matin ou Le Mandat se sont attardés sur les préparatifs de la présidentielle d’octobre 2025. Notamment avec le dépôt de la candidature d’Ouattara à la CEI le 26 août prochain. De son côté, L’Essor souligne que le RHDP a déjà largement dépassé ses objectifs de parrainage pour le président sortant.
Les prochains mois risquent de voir se multiplier les joutes verbales. Mais le combat pour le 4ème mandat d’Ouattara semble bien être le principal cheval de bataille pour Laurent Gbagbo.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

