Côte d’Ivoire : 25 octobre et 27 décembre les nouvelles dates des élections

9 mois

Présidentielle le 25 octobre. Législatives avancées au 27 décembre. L’opposition crie à la manipulation. Le climat politique explose.

Avancer les législatives de trois mois, les placer après la présidentielle : la Commission électorale a frappé fort, sans préavis.

Jeudi 14 août, l’annonce tombe. Législatives déplacées au 27 décembre. L’échéance initiale était fixée à mars 2026.

Les partis politiques présents n’ont pas tous applaudi. Le PDCI, pilier de l’opposition, avait boycotté la réunion avec fracas.

Soixante jours. Deux élections majeures. L’opposition ne digère pas ce télescopage électoral qu’elle juge précipité, injuste, même illégal.

L’étape-clé de la révision de la liste électorale pourrait être repoussée, au risque d’exclure des milliers d’électeurs.

Des primo-votants, des citoyens sans inscription, sacrifiés. L’opposition parle d’un coup porté à la transparence démocratique du pays.

« C’est une opération de verrouillage, un habillage institutionnel au service du pouvoir », accuse un cadre du PDCI furieux.

Le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, invoque le besoin d’avoir un Parlement installé avant le 19 janvier.

Ce calendrier n’est pas inédit : il a existé jusqu’en 2021. Mais son retour en pleine élection présidentielle interroge.

Changer les règles du jeu alors que le match commence, c’est tricher, martèle un petit parti d’opposition marginalisé.

Le climat politique ivoirien devient étouffant. Chaque annonce électorale soulève plus de doutes que de confiance.

Un scrutin suit l’autre, sans respiration, sans filet. La démocratie semble courir sans freins vers un mur invisible.

La CEI, déjà critiquée pour sa proximité supposée avec le pouvoir, voit son impartialité remise en cause, à nouveau.

Le report probable de la révision électorale alimente les accusations de calcul politique, d’exclusion ciblée et de confusion voulue.

Les observateurs indépendants alertent : sans transparence dans la préparation, le vote devient une mascarade orchestrée au sommet.

Le PDCI et d’autres formations exigent un retour au calendrier initial, ou une concertation nationale immédiate et sincère.

À trois mois de la présidentielle, la colère monte, les doutes s’installent, les discours se durcissent dans tous les camps.

Deux scrutins en deux mois : la Côte d’Ivoire entre dans une séquence électorale aussi risquée que cruciale.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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