Alors que la présidentielle approche, une coalition interne appelle à l’unité autour de Tidjane Thiam. Le parti vacille. Réagir devient urgent.
La confiance s’effrite. Deux semaines avant le dépôt des candidatures, le Pdci-Rda doute. Le silence devient un risque politique.
Brou Koffi Pascal n’a pas mâché ses mots : « Le statu quo détruit. Le temps presse. Rassemblons-nous ou sombrons. »
Maison de la presse, Abidjan-Plateau. 11 août 2025. Militant en colère, parti divisé, voix tendue, salle silencieuse, regards inquiets.
Thème choisi : “Recréer la confiance”. Mais en filigrane, l’urgence brûle. Une question : où est Tidjane Thiam dans tout ça ?
Évoqué, soutenu, invoqué. Mais absent de la liste électorale. Et dans le parti, les nerfs sont à vif.
Appel lancé à un Bureau politique élargi. Pas un putsch. Pas une fronde. Juste une tentative désespérée d’éviter l’effondrement.
« Ce n’est pas contre Thiam, c’est pour lui. Qu’il décide, rassemble, avance. Le parti attend un geste fort. »
Pascal parle comme un médecin d’urgence : “Une intervention immédiate s’impose. Sinon, le cœur Pdci risque l’arrêt brutal.”
Réunir les forces vives, apaiser les tensions, éviter les jeux d’ego. L’équation semble simple. Mais chaque jour complique l’espoir.
L’héritage Houphouët-Boigny ? Menacé. L’unité ? Fragile. La paix interne ? Suspendue à une convention, une déclaration, un retour de confiance.
Sans réconciliation, pas d’élection. Sans Thiam, pas de cap. Et sans structure, pas de stratégie. Voilà le triangle du doute actuel.
Le président-candidat est invisible. Et l’ombre de Bédié semble rappeler aux militants : “Le Pdci n’est pas un fantôme politique.”
Emprisonnements, harcèlements, rumeurs. L’atmosphère est dense, saturée d’incertitudes. Chaque silence devient politique. Chaque attente, un symptôme d’angoisse.
« Unité ou trahison. Refuser le dialogue, c’est enterrer deux fois nos fondateurs. » Les mots sont lourds. Le ton sans détour.
Brou Koffi Pascal veut réveiller, pas diviser. Mais il sait que certains préfèrent le confort de l’inaction à l’audace du mouvement.
La présidentielle arrive à grands pas. Et le Pdci-Rda semble courir pieds nus sur un sol en braise.
Un parti fort ne redoute pas le débat. Il l’organise, il l’écoute, il tranche. Voilà le message porté ce jour-là.
Soutenir Thiam, oui. Mais exiger qu’il parle, agisse, tranche. Le soutien sans action devient poison dans une maison en feu.
Pascal n’a pas proposé un coup d’État politique. Il a proposé un sursaut collectif. Avant que le silence n’enterre l’histoire.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

