Six ans après sa disparition, le 27 août 2020, Mamadi Diané demeure une figure marquante des coulisses diplomatiques du pouvoir ivoirien sous Alassane Ouattara.
Le 27 août 2020, la Côte d’Ivoire perdait l’un de ses hommes les plus discrets, mais aussi les plus influents.
Mamadi Diané s’éteignait à Abidjan, à l’âge de 73 ans, après avoir longtemps accompagné les grandes orientations diplomatiques du président ivoirien.
Six années plus tard, son nom reste associé à une période importante de la politique extérieure ivoirienne et de son rayonnement international.
L’homme travaillait rarement sous les projecteurs, préférant les rencontres confidentielles, les réseaux d’influence et les missions diplomatiques particulièrement sensibles.
Cette discrétion constituait précisément l’une de ses principales forces, dans un univers politique où les relations personnelles jouent souvent un rôle déterminant.
Proche d’Alassane Ouattara depuis les années 1970, Mamadi Diané avait progressivement construit une relation fondée sur la confiance et la fidélité.
Installé aux États-Unis, il avait développé de nombreux contacts dans les milieux économiques, politiques et diplomatiques américains.
Son expérience et ses réseaux internationaux lui permirent ensuite de devenir un interlocuteur privilégié du président ivoirien après 2011.
Dans les coulisses du pouvoir, il participa notamment à plusieurs démarches destinées à renforcer les soutiens internationaux d’Alassane Ouattara.
Son influence dépassait ainsi largement son titre officiel de conseiller diplomatique, au point d’être parfois présenté comme un véritable ministre bis.
Son parcours connut toutefois des turbulences, notamment en 2016, après son implication dans l’élection présidentielle gabonaise.
Cette intervention lui valut son départ officiel du dispositif présidentiel, sans pour autant interrompre complètement ses relations avec le chef de l’État.
Quelques années plus tard, Mamadi Diané retrouva officiellement les cercles présidentiels, avec sa nomination comme ambassadeur itinérant en janvier 2019.
Sa disparition, survenue après des complications liées au coronavirus, avait alors constitué un nouveau choc pour Alassane Ouattara.
Six ans après, son parcours rappelle l’importance de ces diplomates de l’ombre qui influencent les relations internationales loin des regards publics.
JULIEN BOUABRE
POUVOIRS MAGAZINE

