Le Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA) a délivré, jeudi 13 août 2026, leurs attestations de fin de formation à 213 artistes.
Opérateurs et entrepreneurs culturels ivoiriens, au terme d’un programme d’un an porté par le Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP) et le cabinet Bouchra Consulting.
L’initiative avait pour ambition de contribuer à la structuration et à la professionnalisation du secteur culturel ivoirien.
Lancé le 18 août 2025 à l’Institut pédagogique national de l’enseignement technique et professionnel (IPNETP) de Cocody, le programme prévoyait initialement la formation de 200 bénéficiaires. Il en a finalement accompagné 213, soit un taux de réalisation de 106,5 %, dont 46 femmes (21,6 %) et 167 hommes (78,4 %).
Au-delà des sessions de formation collective, chaque participant a bénéficié d’un coaching individuel destiné à l’élaboration et à la finalisation de son plan d’affaires. L’objectif était de permettre aux entrepreneurs culturels de disposer de projets structurés, viables et suffisamment solides pour mobiliser l’appui de l’État, des bailleurs de fonds et des partenaires techniques et financiers.
Le coût global de l’opération s’est élevé à 88,4 millions de francs CFA, dont 63,4 millions pris en charge par le FDFP.
Représentant le cabinet Bouchra Consulting, Koné Seydou a estimé que la cérémonie de remise des attestations constituait « l’aboutissement d’un processus de transmission de compétences », mais surtout le début d’une nouvelle étape, consacrée à la mise en pratique des acquis. Il a notamment insisté sur la nécessité de poursuivre la structuration des entreprises culturelles et de transformer les initiatives en projets économiquement viables.
S’exprimant au nom des bénéficiaires, Aïcha Zunon a souligné l’impact de la formation sur leur approche professionnelle. Celle-ci leur aurait permis de passer d’une pratique essentiellement artisanale de leur activité à une véritable logique de gestion d’entreprise. Les récipiendaires entendent désormais mettre ces acquis au service de la croissance de leurs structures et de la création d’emplois en Côte d’Ivoire.
Pour sa part, le directeur du MASA, Abdramane Kamaté, a mis en avant la dimension fédératrice du programme. Celui-ci a permis de réunir différents acteurs de la culture ivoirienne autour d’une ambition commune.
Tout en renforçant leurs compétences et leur capacité à développer des activités pérennes.
Du côté du FDFP, le secrétaire général, Philippe N’Dri, a rappelé les trois principaux axes de la formation : le numérique, l’entrepreneuriat et la gestion d’entreprise. Ces domaines ont été retenus avec un objectif précis : améliorer la compétitivité, la visibilité et la viabilité des projets culturels portés par les bénéficiaires.
Cette première phase, déployée à Abidjan, devrait désormais s’étendre à plusieurs villes de l’intérieur du pays. Le MASA et ses partenaires affichent ainsi une ambition nationale : former et accompagner, à terme, 1 000 professionnels de la culture par an.
Au-delà de la remise des attestations, cette initiative marque ainsi une étape importante dans la professionnalisation des industries culturelles ivoiriennes. En renforçant les compétences, la structuration entrepreneuriale et l’accès aux mécanismes de financement, elle entend contribuer à faire de la culture non seulement un vecteur d’expression et de rayonnement, mais également un véritable levier de création de valeur et d’emplois.
M’Bah Aboubakar
photo:dr
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