À peine installé à la tête du diocèse d’Agboville, Mgr Darius Assandé Ekou se retrouve au cœur de vives discussions.
Plusieurs consignes disciplinaires suscitent interrogations et critiques parmi des prêtres et des fidèles. Certains estimant qu’elles sont difficiles à appliquer dans les réalités pastorales ivoiriennes.
Nommé évêque d’Agboville par le pape Léon XIV, Mgr Darius Assandé Ekou avait appelé, lors de sa prise de fonction, à travailler ensemble. Dans le champ du Seigneur. Quelques mois plus tard, ce sont pourtant des questions de discipline ecclésiastique qui alimentent les conversations dans le diocèse.
Parmi les mesures figureraient l’interdiction pour les prêtres de célébrer. Ou de lire les prières à partir d’un téléphone portable, l’abandon du jean au profit d’une tenue jugée plus conforme à la dignité sacerdotale. Ainsi que l’obligation de porter des souliers noirs.
Ces orientations ne font toutefois pas l’unanimité. Plusieurs prêtres s’interrogent sur leur application dans les paroisses rurales. Les conditions de vie y sont parfois très éloignées de celles des centres urbains. Dans certains villages, les routes dégradées obligent encore des prêtres à pousser eux-mêmes leur véhicule enlisé. Pour rejoindre les communautés chrétiennes. Dans ces conditions, le port permanent de chaussures de ville noires apparaît, selon certains observateurs, peu adapté aux réalités du terrain.
L’interdiction supposée d’utiliser un téléphone portable pendant les célébrations suscite également des réactions.
Pour de nombreux prêtres, les smartphones sont devenus des outils pastoraux. Permettant de consulter rapidement les textes liturgiques, le bréviaire ou des documents ecclésiaux lorsqu’un missel n’est pas disponible.
Une autre disposition, concernant les pratiques d’incommunion, fait également débat. Des voix s’interrogent sur sa portée pastorale et sur les conséquences qu’elle pourrait avoir pour les fidèles concernés.
Ces discussions traduisent un débat plus profond au sein de l’Église.
Jusqu’où renforcer la discipline sans compliquer l’exercice concret du ministère sacerdotal ? Pour les défenseurs de ces orientations, elles viseraient à redonner davantage de solennité à la liturgie et à l’image du prêtre. Pour leurs détracteurs, elles gagneraient à être adaptées aux réalités sociales et matérielles des paroisses ivoiriennes.
À ce stade, le diocèse n’a pas officiellement précisé les motivations ni les modalités d’application des mesures qui lui sont attribuées. On doit clarifier leur contenu exact et on doit clarifier leur portée. Afin d’éviter les interprétations contradictoires qui alimentent aujourd’hui les débats
ETHAN GNOGBO
POUVOIRS MAGAZINE

