Ousmane Sonko tape fort sur l’homosexualité

6 jours

En relançant la pénalisation de l’homosexualité, le pouvoir sénégalais assume un virage sociétal aux lourdes implications nationales et internationales.

Ainsi, le projet de loi déposé le 24 février pourrait redéfinir durablement le paysage politique et sociétal sénégalais.
Il marque une clarification idéologique majeure pour Pastef et son leader Ousmane Sonko face aux attentes conservatrices.
Le texte prévoit un durcissement de l’article 319 du Code pénal déjà sévère envers l’homosexualité.
Au classement Equaldex mesurant l’égalité LGBTQI+, le Sénégal occupe la 191e place sur 197 pays évalués mondialement.


Ce positionnement illustre un environnement juridique particulièrement restrictif comparé aux standards internationaux contemporains.
Pourtant, alors opposant, Sonko avait promis que cette réforme figurerait parmi les premières lois adoptées par son parti.
Arrivé au pouvoir, Pastef semble déterminé à traduire cet engagement en acte législatif rapide et symboliquement fort.


Le climat national reste tendu après plusieurs arrestations liées à une affaire de pédocriminalité médiatisée.


Cette séquence a favorisé une atmosphère de suspicion généralisée et des discours assimilant homosexualité et criminalité.
Le 19 février, l’association And Samm Jikko Yi a lancé un ultimatum exigeant la modification législative avant le 8 avril.
Le Premier ministre n’a pas tardé à répondre favorablement à cette pression publique et organisée.
Des analystes estiment que cette initiative présente un coût politique limité dans un contexte économique difficile.


Le Sénégal fait face à une dette élevée et à des tensions persistantes dans les universités publiques.
Dans ce cadre, le durcissement moral apparaît comme un levier mobilisateur auprès d’une base électorale conservatrice.
D’autres partis avant Pastef ont déjà utilisé des thématiques identitaires pour consolider leur socle politique.
Ce premier projet de loi soumis à l’Assemblée nationale devient ainsi un marqueur fort du projet sociétal gouvernemental.
Au Sénégal, la controverse autour d’une prétendue chasse aux homosexuels oblige désormais Pastef à clarifier explicitement sa vision politique.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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