Formée au Village KiYi par Werewere-Liking, Niamba Bacome revient aujourd’hui, diplôme académique en main, saluer celle qui a forgé son corps et son esprit.
Professeure de danse à l’INSAAC de Cocody et artiste accomplie, Niamba Bacome possède un parcours qui ne se raconte pas seulement : il se danse. En juillet 2025, elle a inscrit son nom dans l’histoire vivante de la danse ivoirienne en soutenant brillamment son mémoire de master en danse et chorégraphie, obtenu avec la note de 17/20.
Mais derrière cette consécration académique se cache un long chemin, fait de ruptures, de silences et de transmissions. Déscolarisée en classe de quatrième, Niamba Bacome aurait pu disparaître des radars. C’est pourtant au Village KiYi, sous la direction exigeante et visionnaire de Werewere-Liking, que son destin artistique s’est réellement révélé. Là, elle apprend la rigueur, l’écoute du corps, la discipline du geste, mais surtout une philosophie : celle d’un art indissociable de la pensée, de la conscience et du sacré.
Après le KiYi, elle poursuit son parcours au sein de la compagnie TchéTché de Béatrice Kombé.
Puis à l’international, notamment en Afrique du Sud, où elle travaille autour du Mapouka. Pourtant, c’est le Tématé, danse sacrée du peuple Wê, qui devient le cœur de sa recherche universitaire. Dans son mémoire, Niamba Bacome interroge cette danse comme outil d’épanouissement moral, physique et spirituel, et comme patrimoine menacé qu’il faut sauvegarder.
Encadrée par le maître de conférences Jean-Pierre Adigran, devant un jury présidé par Camille Abolou, elle ne défend pas seulement un texte, mais une vision de la danse comme langage total. Une danse qui soigne, relie et transmet.
Aujourd’hui, Niamba Bacome regarde le chemin parcouru avec lucidité et gratitude. Elle le dit sans détour : sans Werewere-Liking, rien n’aurait été possible. Les mots de la fondatrice du KiYi — « Lance ton cœur au-dessus de la barre et ton corps suivra » — ont fini par devenir une boussole intérieure.
Désormais enseignante, chercheuse et passeuse de savoirs, Niamba Bacome transmet à son tour ce qu’elle a reçu. Et dans ce geste de transmission, un mot demeure central, presque sacré : merci.
AK
photos:dr
POUVOIRS MAGAZINE
