2 semaines

La ville ocre a adopté la Côte d’Ivoire et ses supporters ivoiriens si enjoués qui, durant deux semaines, ont redonné une ferveur chaleureuse à ce temps maussade et pluvieux ayant marqué la première partie de la compétition.

Une chose est certaine : ils manqueront à Marrakech, et c’est peu dire. De la place Jemaa El-Fna à la Koutoubia, de la fan zone de Bab Jdid au Village CAN situé à quelques encablures du Grand Stade de Marrakech, la marée orange a laissé une trace indélébile. Dans les mémoires marrakchies. Les habitants ont progressivement appréhendé la promptitude légendaire made in Côte d’Ivoire. Cette forme de désinvolture positive oscillant entre taquinerie et subversion. L’humour et la bonne humeur à l’ivoirienne ont enivré les trois rencontres des Éléphants, durant lesquelles, vêtus du drapeau tricolore, les supporters ont fièrement déferlé.

Car il faut le reconnaître : jusqu’à la veille de la compétition, peu d’éléments laissaient présager que la grande messe du football africain s’emparerait réellement de la cité des Sept Saints, du moins en termes d’engouement populaire. Hormis les drapeaux des vingt-quatre nations participantes ornant les principaux ronds-points de la ville, la ferveur restait discrète. Il faut dire que « la perle du Sud », auréolée d’une histoire riche en conquêtes légendaires et d’un rayonnement touristique contemporain, appréhendait timidement la compétition. Pourtant, Marrakech est rompue aux événements d’envergure mondiale : la COP, le Festival international du film, le Marrakech du rire ou encore le GITEX.

La particularité festive de la CAN représentait toutefois un défi inédit.

Bien que la fin d’année soit traditionnellement une période bouillonnante en raison d’une activité touristique décuplée, c’est le samedi 20 décembre 2025, à l’arrivée des Éléphants, que la ville a véritablement goûté aux prémices de l’ambiance CAN. Ce jour-là, l’aéroport international de Marrakech-Ménara a expérimenté l’« Akwaba » ivoirien. Ont suivi les délégations de supporters venus de tout le Royaume. Rejoints par une diaspora nombreuse et, bien entendu, par ceux arrivés directement d’Abidjan. Marrakech, en cette fin d’année, s’est alors parée des couleurs orange, blanc et vert. De la messe de Noël à la paroisse Saint-Martyrs, dans le quartier de l’Hivernage, à quelques pas du terrain d’entraînement des Éléphants, jusqu’au centre commercial Carré Eden. Au cœur de la ville, des Ivoiriens se croisaient à chaque coin de rue, arborant fièrement le maillot de la Sélephanto, le torse bombé, floqué des trois étoiles.

Les retrouvailles à l’ivoirienne dans des restaurants improvisés, le concert de Didi B à la fan zone, l’ambiance fanfare et folklorique du CNSE :

Les Ivoiriens n’ont pas chômé.

Quant aux nuits marrakchies, elles ont tenu toutes leurs promesses.

Les soirées à thème, rythmées par des sonorités afro, ont rehaussé la hype d’une ville déjà réputée pour sa vie nocturne. Le quartier huppé de l’Hivernage, plaque tournante des jet-setteurs et des stars internationales, a pleinement justifié sa renommée. Les Ivoiriens y ont apporté cette touche attractive qu’on leur connaît. Un rayonnement singulier, sans artifice excessif, dont Marrakech avait besoin malgré son bling-bling habituel. Surtout en cette période hivernale particulièrement rude.

Hier, les Éléphants disputaient leur dernier match à Marrakech, soldé par une balade de santé pour la bande à Faé. Les Ivoiriens ont littéralement balayé les Étalons burkinabè sur le score sans appel de 3-0. La Côte d’Ivoire jouera son quart de finale face à l’Égypte à Agadir. A trois heures au sud. Dans l’euphorie de l’après-match, un léger parfum de mélancolie flottait parmi les supporters. Ils s’y sentaient si bien. Mais la conquête d’un énième sacre passe aussi par l’inconnu. La ville balnéaire et sa corniche luxuriante attendent désormais les Éléphants ce samedi 10 janvier 2026. Le souvenir de la ville rouge, lui, restera impérissable pour tous les Ivoiriens qui y ont séjourné. Et Marrakech ne les oubliera pas de sitôt non plus.

Éric Oulla, Marrakech

photos:dr

POUVOIRS MAGAZINE

DU MEME SUJET

Les failles de Faé

À l’issue de l’élimination des champions en titre, de nombreuses interrogations planent

Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025: voici toutes les poules pour les phases éliminatoires

La Confédération Africaine de Football (CAF) a procédé au tirage au sort