Sourires aux lèvres, élégance maîtrisée et complicité silencieuse. Cette photographie prise à Marrakech saisit un instant rare de convergence intellectuelle et artistique.
L’un porte des lunettes discrètes, regard affûté et posture assurée. L’autre arbore un chapeau d’exception, signature constante d’une élégance consciente.
Eric Oulla, journaliste, rédacteur en chef de Vif Médias et correspondant de Pouvoirs Magazine dans le Maghreb, incarne une parole rigoureuse et engagée.
Musicien et chanteur, il déploie une sensibilité plurielle, attentive aux dynamiques culturelles, sociopolitiques et sportives du continent africain et de sa diaspora.
Cette réflexion s’étend aujourd’hui à un ouvrage en chantier. Promesse intellectuelle nourrie d’analyse, de terrain et d’une vision profondément prospective.
À ses côtés, une artiste qui lui a offert le plus de ses cadeaux de mariage, en immortalisant ce moment. Ly Lagazelle, artiste photographe ivoirienne, construit une œuvre nourrie par l’errance. Par la mémoire et l’écoute attentive des territoires traversés.
Son regard explore l’identité, la spiritualité et la condition féminine avec une force symbolique qui transcende les frontières et interroge les consciences.
De Les Silencieuses à Marrakech en 2017 à Akwaba à Abidjan en 2022, son travail circule entre Afrique, Europe et Amériques.
New York, Montréal, Melbourne, Sydney ou Vienne deviennent ainsi les étapes d’un langage visuel universel. A la fois intime et politique.
Mais ce qui fait vibrer l’âme de Ly Lagazelle, ce qui traverse réellement son regard, demeure le quotidien brut des femmes et des hommes.
Ces mains photographiées racontent des existences entières, marquées par l’effort. Aussi les tentatives avortées, les injustices et une dignité persistante.
Son exposition INSTINCTIV à Abidjan en 2017 en témoigne puissamment. Plaçant les mains des travailleurs au cœur d’un univers révélateur.
Chaque cliché devient alors une porte ouverte sur l’âme, un espace de dialogue entre souffrance, résilience et humanité partagée.
Ly Lagazelle ne photographie pas seulement des corps, elle tisse des récits, convoque des symboles et défie les évidences visuelles.
Avec Cord’âges, elle relève le pari audacieux de questionner le nu sans jamais l’imposer au regard, douze fois sans le dévoiler.
Cordes, lianes, mèches de cheveux ou cordons ombilicaux serpentent dans ses œuvres comme autant de signes de transmission et de libération.
Chaque image devient un appel à rompre les chaînes. A reconnecter les êtres au monde et à leur propre intériorité. Son expo Cord’âges lui a valu d’explorer davantage la face cachée des humains dans/de son pays la Côte d’Ivoire.
Ly Lagazelle n’est pas seulement photographe, elle est une artiste du malentendu. Révélant la fracture entre soif populaire et abondance élitiste.
Entre regards assoiffés et fontaines privées, son œuvre dérange, interpelle et oblige à regarder autrement le réel contemporain.
AK
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
