Après les législatives de 2025, le président du Pdci-Rda accepte les chiffres, mais conteste frontalement le système qui les a produits.
Tidjane Thiam ne crie pas victoire. Il ne claque pas la porte. Il regarde les résultats et les nomme.
Dans son message du Nouvel An, diffusé le 6 janvier 2026, le président du Pdci-Rda prend acte des législatives.
Mais il refuse d’en faire une normalité démocratique. Il parle d’un processus abîmé, verrouillé, éloigné du peuple ivoirien.
Selon les chiffres mêmes de la Cei, Abidjan n’a mobilisé que 18 % d’électeurs, laissant 82 % dans l’abstention.
Pour Tidjane Thiam, ce silence massif n’est pas un détail statistique, mais un signal politique grave.
L’opposition, affirme-t-il, sort renforcée dans sa détermination à poursuivre un combat démocratique pacifique et constant.
Il n’appelle ni à la rue, ni à la rupture. Il refuse simplement l’injustice institutionnalisée.
L’année électorale 2025 restera, selon lui, comme une occasion manquée pour la démocratie ivoirienne.
Tout avait pourtant commencé sous de bons auspices, avec une mobilisation populaire et un fort engagement de la jeunesse.
Le Pdci-Rda portait alors l’espoir d’un renouveau politique, social et économique largement partagé.
Mais le processus électoral, dit-il, n’a pas respecté la loi ivoirienne en vigueur.
Aucune Révision de la liste électorale n’a été organisée en 2025, malgré son obligation légale.
Des figures majeures de l’opposition ont été exclues de la présidentielle du 25 octobre par voie judiciaire.
Pour Tidjane Thiam, ces choix traduisent un recul démocratique inquiétant et une restriction des libertés publiques.
Il interroge aussi le refus d’organiser une Rle pourtant budgétisée par l’État ivoirien.
Dans un pays de plus de vingt millions d’habitants, seuls huit millions d’électeurs sont inscrits.
Nous devrions être entre douze et treize millions, rappelle-t-il, soulignant l’attachement des Ivoiriens au vote.
Autre entorse grave, selon lui : la subvention publique non versée à l’opposition en 2025.
Comment prétendre vouloir une démocratie vivante en asphyxiant financièrement ceux qui contestent le pouvoir, interroge-t-il.
Face à ce contexte, le Pdci-Rda a refusé deux voies : la violence et le renoncement.
Participer aux législatives relevait, selon Thiam, d’un choix de responsabilité nationale.
Le boycott aurait exposé le pays à l’instabilité politique et à une crise d’ingouvernabilité durable.
Dans un moment de gravité, il a rendu hommage aux victimes des violences politiques passées.
Il a aussi exprimé sa solidarité avec les prisonniers d’opinion encore détenus.
Tidjane Thiam réclame la libération de Bredoumy Soumaïla Traoré et de Yao Innocent.
Élus députés, ils restent pourtant privés de liberté, situation qu’il juge moralement et politiquement intenable.
Leur élection constitue, selon lui, un message clair envoyé par le peuple ivoirien.
Sur le plan partisan, il salue les 163 candidats du Pdci-Rda engagés dans cette bataille difficile.
Il félicite les élus appelés à former la principale force d’opposition à l’Assemblée nationale.
Une responsabilité historique face à la Nation, insiste-t-il, dans un contexte politique fragile.
Regardant vers 2026, Tidjane Thiam annonce une profonde restructuration du Pdci-Rda.
La base militante, la jeunesse et les femmes seront placées au cœur de cette refondation.
À l’approche des 80 ans du parti, il promet une organisation plus unie et mieux préparée.
Le Pdci-Rda, affirme-t-il, restera fidèle à l’héritage politique de Félix Houphouët-Boigny.
Tidjane Thiam conclut sur une vision claire : une Côte d’Ivoire réconciliée, démocratique et prospère.
Un message d’espérance maîtrisée, mais aussi de fermeté politique assumée.
La ligne est tracée : dialogue, paix, et lutte démocratique sans concession.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
