Présidentielle du 12 septembre: Entre Malick Tohé et Roger Ouegnin, Thiam paye le prix de sa fidélité. Il est viré

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Dans les coulisses de la future élection à la Fédération ivoirienne de football du 12 septembre, les alliances personnelles, les fidélités anciennes et les intérêts divergents dessinent une géographie complexe du pouvoir.

L’affaire Thiam illustre comment les rivalités du football peuvent parfois déborder de leur terrain naturel pour atteindre d’autres sphères de la vie publique.

Dans le football ivoirien, les batailles électorales ne se jouent jamais uniquement sur les terrains ou dans les stades. Elles se construisent également dans les réseaux d’influence, les fidélités historiques et les relations personnelles tissées au fil des décennies.

Au cœur de cette équation se trouve Thiam, fils du journaliste Thiam Belafonte, figure bien connue du paysage médiatique ivoirien et proche collaborateur de Roger Ouegnin, président du conseil d’administration de l’Asec Mimosas.

Cette proximité familiale s’est naturellement prolongée au fil du temps. Thiam est aujourd’hui considéré comme un proche de Roger Ouegnin, dont il partage plusieurs combats. Et avec qui il entretient des relations de confiance. Il siège d’ailleurs au sein du conseil d’administration de l’Asec.

À l’heure où se dessine la bataille du 12 septembre, Roger Ouegnin risque de ne pas dévier de sa ligne.

 Son soutien reste acquis pour l’instant à Idriss Diallo qui a travaillé à l’Asec. Ce n’est pas un détail à oublier.

Quant à Malick Tohé, le patron de l’Asec ne cache pas son scepticisme. Dans son entourage, nombreux sont ceux qui considèrent que le vice-président de la FIF n’a pas démontré une activité suffisante. Il n’a pas laissé une empreinte assez marquante dans la gestion fédérale pour incarner une alternative crédible.

Dans les cercles du football national, certains observateurs évoquent également le cas de Cissé Souleymane, également candidat.

Moins connu du grand public et moins exposé médiatiquement, celui-ci bénéficie néanmoins d’une réputation de travailleur acharné, d’expert en gouvernance sportive. Sa détermination, sa présence constante sur le terrain, son carnet d’adresses internationales et son engagement auprès des clubs rappelleraient, selon ses soutiens, les qualités qui avaient fait la force d’un jeune Roger Ouegnin à ses débuts. La fougue, la proximité avec les acteurs du football et une volonté permanente de bâtir.

Sans constituer à ce stade un soutien officiel, cette comparaison nourrit les conversations dans les coulisses de la future élection. Car au-delà des alliances et des fidélités, une question traverse déjà les débats. Le prochain président sera-t-il choisi pour son réseau ou pour le travail accompli ?

La position de Ouegnin s’inscrit dans la continuité de son engagement d’il y a quatre ans. Lorsqu’il avait contribué à porter l’actuel président de la FIF à la tête de l’institution.

Face à ce camp se dessine progressivement celui de Malick Tohé, vice-président de la fédération. Et candidat de plus en plus cité pour la prochaine échéance électorale. Les critiques qu’il adresse à la gouvernance actuelle traduisent une divergence de vision devenue difficile à dissimuler. La position de Malick Tohé soulève une question politique.

Vice-président de la FIF, il continue d’exercer aux côtés d’Idriss Diallo et de participer aux activités de l’équipe dirigeante. Il sera de la délégation fédérale lors des grandes compétitions internationales. Notamment la Coupe du monde, tout en étant cité parmi les prétendants à la succession de l’actuel président. Cette situation nourrit le débat sur la cohérence des positionnements au sein de la gouvernance fédérale.

La politique sportive a parfois ses paradoxes et ses contradictions

Comment Malick Tohé peut-il être à la fois un pilier de la gouvernance actuelle et l’incarnation de l’alternative de demain ? La question mérite d’être posée à mesure que se rapproche l’échéance électorale de la FIF.

C’est dans cet environnement que se trouve Thiam, partagé entre plusieurs cercles de proximité. D’un côté, sa fidélité ancienne à Roger Ouegnin ; de l’autre, ses relations avec Malick Tohé et son épouse, dont il occupait les fonctions de directeur de cabinet.

Selon plusieurs observateurs, certains s’attendaient à le voir afficher, par gratitude, un soutien plus marqué au camp de Malick Tohé. Mais cette prise de position n’est jamais véritablement intervenue publiquement.

La suite est connue : Thiam vient de quitter ses fonctions auprès de la ministre. Pour beaucoup, cette décision trouve son origine dans ces divergences de lecture du paysage footballistique national. D’autres veulent absolument y voir une simple réorganisation administrative.

Quoi qu’il en soit, cette affaire révèle une réalité bien ivoirienne : les élections sportives dépassent souvent le cadre du sport. À mesure que la présidentielle de la FIF approche, le ballon continue de rouler bien au-delà des pelouses. Jusque dans les bureaux, les cabinets et les cercles d’influence où se construisent les rapports de force de demain le 12 septembre.

AK

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