Ancien patron de l’Africa Sports, Simplice Zinsou ne mâche pas ses mots. Désengagement des joueurs, championnats locaux moribonds, dirigeants défaillants et choix discutables en sélection nationale.
Il dresse un réquisitoire sans détour contre la gestion du football ivoirien.
Pour Simplice Zinsou, le football africain n’a plus les figures emblématiques et patriotes qui faisaient sa fierté.
« Vous n’aurez plus des joueurs comme Didier Drogba ou Samuel Eto’o, capables de rester, de s’impliquer durablement et de se battre pour leur pays », affirme-t-il sans détour.
Aujourd’hui, selon lui, la relation entre les joueurs et la sélection nationale s’est vidée de son sens.
« Ils viennent à la CAN, font ce qu’ils veulent, puis repartent aussitôt. Pendant ce temps, nos championnats locaux survivent à peine, quand ils existent encore », déplore-t-il.
Zinsou pointe du doigt une mentalité qu’il juge dangereuse : tout attendre de l’État.
« L’État n’est pas là pour organiser un championnat.
Son rôle est de donner l’impulsion.
Ce sont les clubs, avec des dirigeants compétents, qui doivent structurer, financer et gérer leurs équipes.
Mais ces dirigeants manquent cruellement », tranche-t-il.
Revenant sur son passage à l’Africa Sports, il reconnaît une erreur qu’il dit payer cher.
« J’ai fait confiance à de jeunes cadres. En réalité, j’avais réuni autour de moi des fossoyeurs qui rêvaient uniquement de me remplacer. Travailler sereinement était devenu impossible », confie-t-il, amer.
Malgré tout, Simplice Zinsou reste convaincu du potentiel de la Côte d’Ivoire pour remporter la CAN. Mais il ne cache pas sa colère face à certaines décisions.
« Comment expliquer l’absence de Nicolas Pépé ? Pourquoi Simon Adingra a-t-il été laissé de côté ? Les raisons sont obscures, et le peuple ivoirien mérite des réponses », lance-t-il.
Pour Zinsou, le problème n’est pas le talent, mais la gouvernance.
DESIRE THEA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
