Portrait. Shahenda Elmaghrabi, siffler? elle sait faire…

2 semaines

À 35 ans, l’Égyptienne Shahenda Saad Ali Elmaghrabi s’installe désormais parmi les grandes figures de l’arbitrage féminin africain.

Sa troisième CAN féminine consécutive, conclue par une finale maîtrisée, consacre une ascension construite patiemment entre histoire, expérience et excellence.

Une consécration continentale

Le 16 août dernier, Shahenda Saad Ali Elmaghrabi dirigeait la finale opposant Cameroun et Malawi, entrée dans l’histoire africaine.

Les Lionnes Indomptables ont finalement dominé les Scorchers trois buts à zéro, décrochant ainsi leur premier sacre continental historique.

Mais derrière cette victoire camerounaise, une autre performance méritait également attention, celle d’une arbitre égyptienne devenue incontournable sur le continent.

Pour cette finale, la CAF avait constitué une équipe arbitrale réunissant des représentantes venues exceptionnellement de huit nations africaines.

Égypte, Tunisie, Maurice, Togo, Bénin, Maroc, Eswatini et Sénégal composaient ainsi cette équipe appelée à encadrer cette rencontre historique.

À la tête de ce dispositif inédit, l’expérience de Shahenda Elmaghrabi aura naturellement pesé dans la décision de désignation.

Car l’Égyptienne connaissait déjà parfaitement l’exigence continentale, après avoir participé aux trois dernières éditions de la compétition féminine africaine.

Elle avait notamment dirigé les rencontres pour la troisième place des éditions 2022 et 2024, disputées également sur les terrains marocains.

Son parcours dépasse toutefois largement la seule Coupe d’Afrique des Nations et témoigne d’une régularité remarquable au plus haut niveau.

Elmaghrabi a participé à toutes les éditions de la prestigieuse Ligue des champions féminine organisée par la Confédération africaine.

En 2021, elle avait même occupé le rôle de quatrième arbitre lors de la toute première finale de cette compétition continentale.

Trois années plus tard, son nom s’impose désormais naturellement parmi les références de l’arbitrage féminin africain contemporain.

Son parcours avait pourtant connu un tournant historique dès 2022, lorsqu’elle franchissait une frontière symbolique dans l’arbitrage égyptien.

Le 30 août, elle devenait alors la première femme à arbitrer comme centrale une rencontre du championnat masculin égyptien professionnel.

Elle dirigeait cette rencontre opposant Smouha à Pharco, inscrivant ainsi une nouvelle page dans l’histoire sportive de son pays.

À seulement 35 ans, Shahenda Elmaghrabi dispose désormais du temps nécessaire pour prolonger cette trajectoire et inspirer davantage générations.

Son ascension raconte finalement bien davantage qu’une réussite individuelle : elle symbolise l’ouverture progressive des grands espaces footballistiques aux femmes africaines.

Sur les pelouses du continent, son sifflet porte désormais une ambition plus vaste, celle d’une arbitrage féminin pleinement reconnu partout.

DESIRE THEA

photo: dr

POUVOIRS MAGAZINE

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