Dans un contexte politique ivoirien marqué par alliances et rivalités, l’ethnie et les origines continuent d’influencer perceptions et soupçons.
Depuis les révélations de Blé Goudé sur la posture de cellule dormante (espionne) de Nady Bamba, le débat est ouvert. Et d’ouverture en ouverture, ses origines gênent.
Et si Nady était perçue comme une menace en raison de ses origines nordistes ou de son ethnie Dioula.
Cette ethnie est souvent associée aux proches de Ouattara, Soro et à la majorité des acteurs au pouvoir actuel.
Certains pensent donc qu’elle pourrait être une cellule dormante, voire un espion favorisant la cause des adversaires de Gbagbo.
La politique, comme la guerre, impose de composer avec l’ennemi et de former des alliances même surprenantes ou stratégiques.
On se souvient que le Général Kassaraté entretenait d’excellents rapports avec Hamed Bakayoko et Soro Guillaume sans jamais trahir sa fonction officielle.
Il a été des acteurs influents sans compromettre ni l’armée ni la gendarmerie. Malgré des rapprochements politiques parfois sensibles.
La politique fonctionne souvent grâce à des compromis et à des alliances improbables. Dictées par la stratégie plutôt que par l’affect.
Blé Goudé, par exemple, a maintenu proximité avec Soro, Damana Pickass et Claude Sahi, l’actuel chef de cabinet de Ouattara.
Démontrant que la stratégie prime souvent.
Gbagbo a composé avec Blaise Compaoré.
Mais ces alliances deviennent fragiles dès que l’idée de tribalisme surgit et que l’ethnie devient critère de légitimité ou de loyauté.
La perception du tribalisme semble perdurer en Côte d’Ivoire, influençant la confiance et amplifiant les soupçons injustifiés envers certaines personnalités.
Ainsi, Nady pourrait être victime non de ses actes mais de préjugés liés à son ethnie et aux calculs politiques environnants.
Il est donc crucial de distinguer alliances stratégiques, loyauté politique et préjugés ethniques pour mieux comprendre le paysage ivoirien actuel.
La réflexion montre que la méfiance ethnique complique les relations politiques, même lorsque tous agissent selon des logiques pragmatiques et rationnelles.
Enfin, cette situation interroge la maturité politique nationale et la capacité des Ivoriens à dépasser les divisions ethniques persistantes et profondément enracinées.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
