13 juillet: hommage au Général Édouard Tiapé Kassaraté

6 mois

Ce 13 juillet marque déjà sept ans que le Général Kassaraté nous a quittés, discrètement mais douloureusement pour la Nation entière.


Ce jour-là, il a rendez-vous à Aghien, après une petite sièste. Le général est attendu à la station par un collaborateur de confiance.
Avec son chauffeur, il s’y rend rapidement. Sur place, il remet un document à la personne qui l’attendait.
Quelques minutes après leur départ, il ressent un malaise. Il demande un peu d’eau à son chauffeur inquiet.
Celui-ci lui tend une bouteille, mais l’inconfort persiste. Il prend alors la direction de la Polyclinique de Danga.
Là-bas, le Général est pris en charge immédiatement. Mais l’état se dégrade. Peu après, il rend l’âme.
Presque instantanément, la nouvelle se répand sur les réseaux sociaux. Abidjan tout entier est sous le choc.

Sa famille dont un fils gendarme, est sous le choc.

Le Général Édouard Kassaraté est né vers 1950, à Tabou, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire.
Formé à l’école militaire de Saint-Louis du Sénégal, il y obtient son baccalauréat en 1970.
Il poursuit ses études au lycée polyvalent de Toulon, puis à l’école des officiers de Saint-Cyr.


En 1977, il décroche un certificat en sciences criminelles à la Faculté de droit de Paris.


Il intègre l’ENA d’Abidjan de 1985 à 1986, cycle diplomatie, avant une formation linguistique en Allemagne.
Il se forme aussi dans les meilleures écoles militaires de France, d’Allemagne et même au FBI aux États-Unis.

Sur le terrain, il commande à Dimbokro, Séguéla, Korhogo, Bouaké, et enfin au Palais présidentiel.
Il occupe aussi des fonctions au Conseil national de sécurité et participe à des missions régionales et internationales.
En 2005, il devient Commandant supérieur de la Gendarmerie nationale, poste stratégique durant les années de crise.
Après la crise post-électorale de 2011, il prend sa retraite militaire et entame une carrière diplomatique.
Nommé ambassadeur par le président Ouattara, il représente dignement la Côte d’Ivoire à l’étranger.
En 2017, il quitte la diplomatie et rejoint le PDCI, où Bédié le nomme vice-président du parti.

Édouard Kassaraté était un homme rare, apprécié de tous, au-delà des clivages politiques et militaires.
Gbagbo le nomme général, Ouattara l’envoie comme ambassadeur, Bédié le fait vice-président, Soro le respecte. Hamed Bakayoko le vénère.
C’est dire la stature de cet homme : loyal, solide, républicain, profondément attaché à l’unité nationale.
Il reste une figure de stabilité, d’équilibre, un homme de devoir qui aura servi toute une région.
Sept ans après sa disparition, sa mémoire reste vive. Le général n’est plus, mais sa trace est indélébile.

Inhumé le samedi 29 septembre 2018, au caveau familial, au cimetière de Williamsville. Mais avant l’ultime séparation d’avec les vivants, il a eu droit, tôt dans la matinée, à un dernier honneur militaire à l’École de gendarmerie d’Abidjan.

AK

photo:dr

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