Entre spiritualité, audace artistique et hybridation sonore, Jahelle Bonee célèbre dix ans de carrière avec Connexion, une performance où théâtre, musique et émotion fusionnent.
Dans cet entretien exclusif accordé à Pouvoirs Magazine, la chanteuse dévoile son rapport à la scène, les défis techniques de son univers métissé, et sa vision de l’artiste africain moderne.
Pouvoirs Magazine :
Quel rôle jouera la salle Niangoran Porquet, un dramaturge, dans l’acoustique, l’intimité et la mise en espace de théâtre de votre performance qui est musicale ? La salle est-elle adaptée ?
Jahelle Bonee :
Pour la symbolique, je crois que je ressemble à cette grande figure de notre théâtre, la Légende Niangoran Porquet. Pour son audace et son esprit de révolution artistique.
Un théâtre a une acoustique particulière donnant l’opportunité aux projections vocales, même lorsque nous sommes en a capella, sans sonorisation. Cela est un avantage pour la proximité émotionnelle avec le public. Ainsi donc le théâtre d’une merveilleuse Connexion.
Pouvoirs Magazine :
Votre parcours fête dix ans : comment avez-vous géré les tensions entre évolution, fidélité à soi et attentes du public ?
Jahelle Bonee :
Tout réside dans la foi que l’on a en ce qui a été déposé en nous par le Tout Puissant.
Nous avons toujours eu pour principe de rester fidèle à nous-mêmes et à cette vérité qui nous définit. Mais aussi parce que nous considérons que nous sommes en mission.
Pouvoirs Magazine :
Votre fusion du jazz, soul, blues, zouglou, hip-hop et rythmes ivoiriens crée une esthétique hybride : quels défis techniques cela impose-t-il à votre production ?
Jahelle Bonee :
Le réel défi est celui d’avoir une base enrichie en termes de culture musicale, de références et de connaissances des codes de chaque esthétique.
Et au studio, cela va nécessiter l’apport de musiciens et d’arrangeurs spécifiques.
Pouvoirs Magazine :
Votre collaboration avec Petit Grain pour « MIRI » a-t-elle transformé votre approche de l’expérimentation sonore ou de la production ?
Jahelle Bonee :
Non, pas nécessairement. C’est juste l’occasion d’un échange émotionnel entre des artistes et musiciens passionnés, sous fond d’une tragédie personnelle.
Pouvoirs Magazine :
Comment envisagez-vous votre place dans la nouvelle génération d’artistes africains naviguant entre tradition, mondialisation et hybridation ?
Jahelle Bonee :
Nous croyons avoir planté notre drapeau dans cet univers si particulier de la fusion. La fusion est une arme.
D’abord en Côte d’Ivoire où le défi était immense, mais également en Afrique où cette place rencontre la reconnaissance des mélomanes, des experts et du réseau des professionnels du secteur.
Pouvoirs Magazine :
Quels défis rencontrez-vous en termes de distribution, droits d’auteur et performances live dans un marché en mutation permanente ?
Jahelle Bonee :
Le défi est le même que celui que rencontre la majorité des artistes évoluant dans cet écosystème. À savoir, devoir être résilient et fonctionner au gré des insuffisances du secteur.
L’espoir est néanmoins réel quand on observe les projets de réformes initiés par la tutelle, ainsi que des initiatives telles que le Masa Lab.
Pouvoirs Magazine :
Comment souhaitez-vous que le public ivoirien et international reçoive le message esthétique, culturel et émotionnel du concert « Connexion » ?
Jahelle Bonee :
Mon souhait est que la moindre petite âme qui franchit le seuil de cette expérience soit imprégnée de l’énergie puissante de la vérité.
La tradition, la mondialisation et l’hybridation sont l’apanage de notre époque, où les frontières se dérobent quand les individus choisissent de se rencontrer
AK
photo:dr
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