Après avoir fait vibrer les pistes de danse avec ses tubes coupé-décalé, Venom le Cascadeur, devenu aujourd’hui Olivier, affirme avoir trouvé une paix que le succès ne lui avait jamais offerte.
Dans cet entretien accordé à Pouvoirs Magazine, l’artiste revient sans détour sur sa conversion, son rapport à la foi, son passé musical, ses collaborations avec Bebi Philip et Kerozen, ainsi que sa nouvelle mission : témoigner de Jésus-Christ.
Pouvoirs Magazine : À quel moment avez-vous compris que le succès dans le coupé-décalé ne comblait pas tout un vide ?
Olivier : Je ne parlerai pas de vide, mais plutôt de paix. Tout ce qu’on pouvait appeler le succès dans le coupé-décalé ne m’a jamais procuré ce que je ressens aujourd’hui : la paix. C’est cette paix qui fait toute la différence.
Pouvoirs Magazine : Quelle était la plus grande contradiction entre votre carrière d’artiste et vos convictions personnelles ?
Olivier : Être chrétien, connaître certaines vérités bibliques et, malgré cela, tolérer certains comportements autour de soi au nom d’une carrière qu’il fallait préserver.
Pouvoirs Magazine : Avez-vous craint de perdre votre identité en abandonnant le coupé-décalé ?
Olivier : Pas du tout. Le don que Dieu m’a accordé ne dépend pas d’un style musical. Peu importe la sphère dans laquelle j’évoluais, cela ne pouvait pas modifier le plan de Dieu pour ma vie.
Pouvoirs Magazine : Quel événement a véritablement déclenché votre transformation spirituelle ?
Olivier : Après une intervention chirurgicale, j’ai connu plusieurs complications.
Cette période m’a profondément marqué et j’ai compris qu’il fallait m’attacher au Seigneur.
Pouvoirs Magazine : Vous avez souvent été associé à des chansons évoquant l’argent. Avec quel regard les voyez-vous aujourd’hui ?
Olivier : J’en ai parlé dans une seule chanson. Ce n’était ni une glorification de l’argent ni une obsession. C’était un encouragement et une déclaration de foi : si Dieu peut bénir certains, pourquoi pas nous aussi, même lorsque l’on vient d’un milieu modeste.
Pouvoirs Magazine : Faire danser ou toucher les cœurs spirituellement : lequel est le plus difficile ?
Olivier : Ni l’un ni l’autre. Nous venons avec notre compassion, notre zèle et notre bonne volonté, mais c’est Dieu qui touche les cœurs. Le Saint-Esprit convainc, nous ne sommes que des instruments.
Pouvoirs Magazine : Quelle partie de l’ancien Venom avez-vous eu le plus de mal à laisser derrière vous ?
Olivier : Le personnage de l’artiste (rires). Mais la Bible nous enseigne que nous sommes transformés de gloire en gloire pour ressembler toujours davantage à Christ. Nous sommes en perpétuelle construction.
Pouvoirs Magazine : Votre foi vous impose-t-elle désormais des limites dans vos prises de parole médiatiques ?
Olivier : Pas seulement dans les médias. Ma foi m’amène à refuser tout ce qui est contraire à mes convictions.
Pouvoirs Magazine : Certains pensent que votre conversion est une stratégie d’image. Que leur répondez-vous ?
Olivier : C’est le Saint-Esprit qui convainc les cœurs. La Bible dit qu’on reconnaît un arbre à ses fruits. Le temps parlera.
Pouvoirs Magazine : Avez-vous déjà regretté votre décision de quitter le coupé-décalé ?
Olivier : Jamais. Il peut y avoir des moments de questionnement sur son appel, mais je suis convaincu d’avoir choisi la bonne part.
Pouvoirs Magazine : Entre le succès, l’argent et la foi, lequel a réellement guidé votre parcours ?
Olivier : La foi. La foi, et encore la foi.
Pouvoirs Magazine : Votre collaboration avec Bebi Philip a marqué votre ascension. Avez-vous dû tourner cette page ?
Olivier : Absolument pas. C’est un excellent arrangeur. Il a travaillé sur mon album Resurrectio et nous avons encore des projets ensemble.
Pouvoirs Magazine : Votre duo avec Kerozen a touché un large public. Craignez-vous que votre nouveau message soit moins accessible ?
Olivier : Le message n’a pas changé. La différence, c’est qu’aujourd’hui je ne cherche plus à gagner des fans, mais à conduire les hommes vers Jésus. Certains ne comprennent pas encore cette démarche, mais Dieu achèvera l’œuvre qu’il a commencée.
Pouvoirs Magazine : Dans vos chansons actuelles, cherchez-vous à convaincre ou simplement à témoigner ?
Olivier : Je témoigne de Jésus-Christ. Encore une fois, c’est le Saint-Esprit qui convainc les cœurs.
Pouvoirs Magazine : La musique chrétienne en Côte d’Ivoire est-elle libre ou codifiée ?
Olivier : Elle a naturellement ses codes. Lorsqu’on est chrétien, on suit des principes. Pour moi, l’essentiel est que la musique transmette fidèlement le message du Christ.
Pouvoirs Magazine : Peut-on être riche, célèbre et profondément spirituel ?
Olivier : Oui, à condition de rester attaché à Jésus. Ni la richesse ni la célébrité ne peuvent altérer une relation authentique avec Dieu.
Pouvoirs Magazine : Si demain un contrat très lucratif vous proposait un retour au coupé-décalé, quelle serait votre réponse ?
Olivier : Aujourd’hui, ma priorité est de répondre à l’appel que Dieu a placé sur ma vie. Rien ne vaut cette mission.
Pouvoirs Magazine : Votre transformation est-elle une rupture ou la continuité de ce que vous étiez déjà ?
Olivier : Je crois à la destinée. Pour moi, c’est la continuité logique de ce que Dieu avait prévu. Il a fallu que Venom existe pour qu’Olivier soit entendu.
Interview réalisée par AK
POUVOIRS MAGAZINE

