Ancienne députée en exil, Adja Zoungrana est enlevée en pleine fête familiale. Le Ghana est secoué, Ouagadougou silencieux.
Adja Zoungrana, ex-députée burkinabè exilée en Côte d’Ivoire, avait fait le déplacement pour un mariage à Hamile, Ghana.
La petite ville frontalière, calme, devient alors le théâtre d’un rapt violent qui enflamme les deux pays voisins.
Ce samedi 13 septembre, des hommes armées enlèvent l’ex-parlementaire, critique de la junte. Au vu de tous.
Ces individus, venus du Burkina Faso, agissent en pleine journée, durant les festivités.
Le mariage vire au drame : dans la confusion, un homme et une femme meurts sans qu’on sache comment.
L’opération aurait bénéficié de la passivité de certains policiers ghanéens postés à la frontière, selon plusieurs sources.
Zoungrana, très active sur WhatsApp, dérangeait visiblement la junte d’Ibrahim Traoré, qu’elle critiquait sans retenue depuis l’exil.
Certains proches affirment qu’un parent aurait signalé sa présence. Déclenchant l’enlèvement opéré sans mandat ni cadre légal.
Le lendemain, 14 septembre, les tensions explosent : protestations familiales, colère populaire, affrontements et crise cardiaque d’une parente âgée.
À Hamile, la colère gronde : l’entrée d’un commando armé étranger marque une première depuis le coup d’État à Ouagadougou.
Les autorités ghanéennes gardent le silence. Aucune réaction officielle, ni explication sur cette violation manifeste du territoire national.
L’opinion publique s’interroge. S’agit-il d’un kidnapping politique orchestré ou d’un simple règlement de comptes déguisé ?
Au Burkina, l’affaire alimente les débats. Mais la junte refuse tout commentaire sur cette opération qui semble bien planifiée.
À Accra, aucune déclaration du gouvernement malgré les appels à clarifier ce grave incident de sécurité transfrontalière.
Adja Zoungrana reste introuvable. Son sort, comme les motivations réelles de ses ravisseurs, demeure pour l’heure un mystère complet.
Ce rapt relance les inquiétudes sur la sécurité aux frontières et la coopération entre pays membres de la CEDEAO.
Les ONG dénoncent un silence coupable des deux États et craignent une nouvelle forme de chasse aux opposants en exil.
La crainte d’une escalade diplomatique ou militaire entre Accra et Ouagadougou commence à planer sur la région déjà tendue.
Une femme enlevée, deux civils morts, un pays choqué, un autre silencieux: une affaire qui dérange les équilibres fragiles.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

