Dans une déclaration récente, le président de la transition burkinabè, Ibrahim Traoré, est revenu sur la dégradation des relations entre Ouagadougou et Abidjan.
Il accuse certains acteurs en Côte d’Ivoire d’entretenir des liens avec des groupes hostiles au Burkina Faso et met en garde contre les conséquences d’un “pacte de non-agression” avec les terroristes.
« Le petit frère du président Ouattara est venu me voir à deux reprises. Les relations étaient bonnes au départ, mais il a voulu que nous suivions une certaine orientation. En tant que révolutionnaires, nous savons que notre mission n’est pas de suivre cette voie. Nous sommes là pour la révolution, qui est une rupture », a déclaré Ibrahim Traoré.
Selon le chef de l’État burkinabè, les relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont commencé à se dégrader lorsque son gouvernement a refusé “certains privilèges”.
« Des Burkinabè ayant trouvé refuge en Côte d’Ivoire sont aujourd’hui entretenus et se déploient contre nous.
Les ennemis du Burkina y sont affichés, protégés, payés et bien logés », a-t-il affirmé.
Abordant la question du terrorisme, Ibrahim Traoré a tenu des propos particulièrement fermes :
« Le pouvoir flirte avec le terrorisme. Il ne faut pas se mentir. Ce n’est pas parce que l’armée ivoirienne semble forte que les terroristes ne l’attaquent pas. Il existe plutôt un pacte de non-agression entre eux et les forces ivoiriennes, ce qui fait de la Côte d’Ivoire une base arrière. Si les terroristes ne reçoivent plus ce qu’ils veulent, ils attaqueront la Côte d’Ivoire. C’est un danger. On ne pactise pas avec le terrorisme. »
Évoquant la prochaine élection présidentielle ivoirienne, le président burkinabè a souligné son inquiétude :
« La présidentielle ivoirienne nous intéresse, car de nombreux Burkinabè vivent en Côte d’Ivoire. Nous craignons qu’il y ait des violences. Nous souhaitons pas que cela n’arrive pas. »
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

