POUVOIRS ECONOMIE: Le toit, un luxe pour les citadins les plus modestes

7 mois

En Europe, de plus en plus d’urbains consacrent plus de 40 % de leurs revenus au logement. Les écarts explosent. La crise du logement s’intensifie en Europe.

Frappant durement les ménages aux revenus modestes dans plusieurs grandes villes du continent.

Des manifestations ont récemment éclaté à Lisbonne, Berlin et Madrid pour dénoncer l’explosion des loyers. Et l’accès limité au logement.

À Paris ou à Budapest, l’écart entre les prix de l’immobilier et les salaires s’est dangereusement creusé ces dix dernières années.

Entre 2010 et 2024, les prix ont augmenté de 234 % en Hongrie, bien au-dessus de la moyenne européenne de 55,4 %.

Face à cette pression croissante, les citoyens s’endettent ou renoncent à se loger décemment. Notamment dans les grandes zones urbaines.

Quels pays sont les plus touchés par le poids du logement ?

En 2024, la Grèce occupe la première place, avec 29 % des citadins consacrant plus de 40 % de leur revenu au logement.

Le Danemark arrive deuxième (22,7 %), suivi de près par la Norvège (21,0 %) et la Suisse (20,4 %), selon Eurostat.

La République Tchèque (14,1 %), la Suède (13,2 %) et l’Allemagne (13,1 %) complètent le haut du classement.

À l’inverse, des pays comme Chypre (2,6 %), Croatie (3,4 %) ou Lituanie (4,2 %) affichent les niveaux les plus faibles.

La France, souvent citée, se situe en milieu de tableau avec 9,4 % de sa population urbaine dans cette situation critique.

Pourquoi certains pays souffrent-ils davantage ?

En Grèce, les salaires stagnent alors que les prix immobiliers flambent. Aggravant une précarité déjà enracinée depuis la crise de 2008.

En 2024, le ratio prix/revenu a atteint 12,7, son plus haut niveau depuis 2007. Poussant beaucoup à la limite du surendettement.

Le Danemark subit une demande forte depuis la baisse des taux en 2024. Faisant doubler les prix à Copenhague en dix ans.

En Allemagne, malgré une tension immobilière réelle, les salaires 35 % plus élevés que la moyenne européenne amortissent les effets.

Que faut-il retenir de cette crise ?

Le coût du logement devient insoutenable lorsque plus de 40 % du revenu d’un ménage est absorbé par les dépenses de logement.

La Grèce détient le record européen, loin devant la moyenne de l’Union européenne estimée autour de 10 % en 2024.

Des pays comme la Norvège, la Suisse, ou le Danemark confirment que richesse nationale ne rime pas forcément avec accès au logement.

Sans régulation ni soutien public, la hausse des prix menace l’équilibre social dans les grandes villes européennes.

Comme le rappelait l’abbé Pierre, négliger le logement prépare la montée des violences, des exclusions et des ruptures sociales.

CAMUS BOMISSO

photo:dr

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