De 2002 à 2020, les élections ont apporté plus de morts que de paix. Les signes annonciateurs sont déjà visibles pour 2025. Assalé Tiémoko, député-maire de Tiassalé, dénonce un cycle politique destructeur et alerte sur la nécessité du changement.
Les Ivoiriens ne doivent pas mourir pour une élection. Pourtant, cela devient une fatalité tous les cinq ans.
De 2002 à 2010, nos dirigeants ont parcouru le monde pour chercher la paix, sans véritablement la ramener.
Cette élection-là a mobilisé plus de 80 % d’électeurs. Pourtant, quelques semaines plus tard, 3 000 personnes sont mortes.
Des citoyens ont été arrêtés, jugés, puis acquittés. La paix reste un mot sans contenu pour les puissants.
En 2020, plus de 100 morts, des milliers de blessés. Encore une élection, encore des victimes innocentes.
Nous semblons condamnés à répéter l’histoire, à tourner en rond, sans tirer les leçons du passé tragique.
En 2025, tous les ingrédients du chaos se réinstallent. L’atmosphère est lourde, chargée de menaces politiques et de tensions sociales.
Des responsables politiques tiennent des discours irresponsables. La violence verbale prépare le terrain à la violence réelle.
Nous courons droit dans le mur. Et nous le savons. Mais nous agissons comme si rien ne pouvait l’éviter.
Entre 1958 et 1961, la Chine a perdu 45 millions de vies à cause de la faim.
Depuis, elle a réformé son système. Aujourd’hui, elle nourrit 1,4 milliard d’habitants et exporte dans le monde entier.
Quarante-cinq ans plus tard, la Côte d’Ivoire ne peut même pas se comparer à la Chine d’hier.
C’est pourquoi nous avons lancé ADCI. Pour projeter notre pays dans le futur, malgré les moqueries et les doutes.
Certains rient. Mais qu’ils prennent garde : la force du changement est plus puissante qu’ils ne l’imaginent.
Je suis Assalé Tiémoko, député-maire de Tiassalé. Ma candidature a été rejetée. Mais mon combat continue, pour l’avenir.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

