17 juillet: Camille Hoguié de la Cei, une silhouette droite dans l’histoire

8 mois

Dix-neuf ans après son rappel à Dieu, la mémoire du magistrat Camille Hoguié demeure vivante. Fidèle, juste et humble, il a marqué l’histoire de la CEI.

De la justice ivoirienne et de la foi chrétienne, par une posture d’homme debout, fidèle à ses principes et à son pays.

Il marchait vers la messe, droit, calme, modeste, pendant que de belles voitures dormaient paisiblement dans son garage silencieux.

Camille Hoguié préférait l’effort de la marche à l’ostentation mécanique. Convaincu que l’humilité précède toujours l’élévation véritable.

Dans les rues d’Abidjan ou dans les couloirs de la justice, il avançait sans plier l’échine, debout jusqu’au bout.

Il ne possédait pas seulement une foi, il la vivait ; chaque dimanche, chaque jour, chaque décision respirait l’Évangile à la paroisse St Dominique.

À la CEI, il fut plus qu’un président : il fut l’incarnation d’une autorité sereine, juste et rigoureusement impartiale.

Camille Hoguié ne parlait pas fort, mais ses décisions résonnaient avec la force silencieuse d’un homme profondément ancré.

La Commission Électorale qu’il dirigeait était respectée, parce que sa personne lui donnait sens, équilibre et légitimité.

S’il avait encore été là, ces controverses électorales n’auraient sans doute pas eu la même gravité ni la même résonance.

Il savait que diriger, c’est inspirer confiance, écouter sans céder, imposer sans écraser, servir sans se servir.

Il fut un juge hors hiérarchie, mais surtout un homme hors du commun, à la droiture sans calcul ni parade politique.

Son souvenir éclaire ceux qui doutent encore que la fonction publique puisse être une vocation noble et profondément morale.

Père rigoureux, croyant exemplaire, magistrat incorruptible : il semait des valeurs comme on sème des graines de repère.

Ses enfants, sa famille, ses amis, ses collègues gardent vive la flamme de cet engagement rare et lumineux.

Les habitants de Villa-cadres, le quartier où il résidait, se souviennent encore de lui.

Il croyait qu’une décision de justice devait résister au temps, à la pression et à l’opinion changeante.

Il croyait qu’un pays ne se construit pas sans repères, sans institutions solides et sans serviteurs irréprochables.

Un jour, avec un courage rarissime, il osa dire la vérité en face à Félix Houphouët-Boigny, au sujet des étudiants.

Sa loyauté envers la République ne se confondait jamais avec une complaisance envers le pouvoir, fût-il au plus haut sommet.

Aujourd’hui encore, dans un monde d’incertitudes, son nom incarne une certaine idée de la République et du devoir.

Camille Hoguié ne cherchait pas la reconnaissance publique ; il servait l’État comme on sert Dieu : avec silence et constance.

Dix-neuf ans après, son souvenir n’est pas une nostalgie. Mais une lumière dans la grisaille de la vie publique actuelle.

Que le Seigneur l’accueille dans sa paix éternelle. Et que son exemple continue de nous inspirer, nous bousculer, nous élever.

AK

photo:dr

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