Côte d’Ivoire: la désinformation électorale

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À l’approche de l’élection présidentielle, les réseaux sociaux ivoiriens ploient sous les contenus orchestrés par intelligence artificielle.

Reggaes virulents, opinions fabriquées, deepfakes invisibles : plus qu’un phénomène technologique, c’est une stratégie de guerre psychologique qui se déploie pour façonner l’opinion et brouiller la démocratie.

Une chanson virale qualifie le président sortant de « mythomane » et « assassin » : elle est entièrement générée par une intelligence artificielle.

Il y a un an, l’IA n’existait pas dans notre processus politique ; aujourd’hui elle produit des accusations sans auteur connu.

ChatGPT inonde Facebook et WhatsApp de commentaires politiques, souvent librement assumés, d’une créativité perverse et d’un biais évident.

TikTok relaie des clips millimétrés issus de l’IA ; jeunes spectateurs absorbent sans filtre ces fables à grand péril.

Selon certaines estimations, 80% des pays ont expérimenté la désinformation électorale basée sur IA, via fausses vidéos ou robotisation d’idées.

L’Afrique de l’Ouest n’y échappe pas : Nigeria, Ghana, Côte d’Ivoire subissent des scénarios automatisés visant à délégitimer acteurs politiques opposés.

La Côte d’Ivoire a déjà vécu des rumeurs de coup d’État sur TikTok, alimentées par médias recyclés et IA anonyme.

La désinformation africaine se nourrit de discours anti-occidentaux, complexes d’invasion et trahison, amplifiés par des réseaux invisibles.

Ce désir de tromper n’est pas seulement technique : c’est une stratégie politique, visant à diviser, séduire ou semer la peur.

Métaphores musicales éruptives comme ce reggae violent ne sont pas divertissement : ce sont des bombes symboliques déguisées en sons.

Derrière l’écran, des algorithmes imitent les émotions, exploitent les préjugés, nourrissent les rancœurs et captent les rêves.

Le mensonge amplifié devient vérité floue : voter devient navigation dans un brouillard artificiel soigneusement entretenu.

Les fausses informations atteignent même les cadres politiques ; seul un protocole international de transparence pourrait les contenir.

Certains pays comme le Canada imposent désormais l’étiquetage de contenus AI en publicité politique.

Mais la Côte d’Ivoire reste vulnérable : absence de régulation claire, et population peu formée au fact-checking numérique.

Il faudrait de toute urgence bâtir une culture citoyenne éduquée, une littérature complète des technologies, et une presse technophile vigilante.

Dans un monde où l’IA glacée devient arme psychologique, le mensonge ne se démasque que quand la population refuse de croire l’illusion.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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