Décédé à 76 ans d’un cancer du foie, Thierry Ardisson tire sa révérence dans la discrétion qu’il détestait tant.
L’homme en noir, provocateur génial et amoureux du malaise télévisuel, avait tout prévu. Même son départ silencieux, loin des projecteurs… mais pas de la mémoire collective.
Thierry Ardisson est décédé à 76 ans, après un long combat contre un cancer du foie très agressif.
Figure incontournable du paysage audiovisuel français, il a marqué les esprits avec ses émissions aux formats percutants.
Lunettes noires pour nuits blanches, Tout le monde en parle, ou Salut les Terriens ont construit sa légende télévisuelle.
Il se savait condamné et avait exprimé des volontés claires concernant ses obsèques et les musiques d’adieu souhaitées.
Ses proches ont confirmé son décès ce lundi 14 juillet, en publiant un communiqué très sobre adressé à l’AFP.
Selon leur déclaration, les obsèques se dérouleront jeudi 17 juillet à 16h30, à l’église Saint-Roch à Paris.
L’église Saint-Roch, surnommée « paroisse des artistes », accueillera une cérémonie fermée, uniquement réservée aux invités sélectionnés.
L’inhumation aura lieu en toute discrétion, à l’abri des regards et dans la plus stricte intimité familiale.
De nombreuses personnalités du monde médiatique et artistique sont attendues pour rendre un dernier hommage à l’animateur.
Ardisson aimait provoquer, choquer, gratter là où la société refusait souvent de poser un vrai regard critique.
Il avait confié à plusieurs reprises être heureux d’avoir dérangé, déstabilisé et même indisposé certains invités trop installés.
Ce goût du malaise volontaire était pour lui une forme de vérité télévisuelle, sans langue de bois assumée.
L’homme en noir n’a jamais caché ses excès, y compris ses périodes de dépendance et ses errances personnelles passées.
« Je me suis drogué, je me suis perdu, mais je suis resté lucide sur l’époque que je traversais. »
Parmi ses amis proches, certains ne pourront pas assister aux obsèques en raison de contraintes personnelles ou géographiques.
Christine Bravo, amie fidèle et ancienne collaboratrice, a annoncé depuis la Corse qu’elle n’assisterait pas aux funérailles officielles.
Elle a expliqué qu’elle rendrait hommage autrement, en se rendant sur sa tombe pour lui parler du quotidien parisien.
Elle a précisé qu’elle irait régulièrement l’entretenir de la vie, avec leur ami commun le producteur Philippe Thuillier.
Connue pour sa franchise, Christine Bravo préfère la mémoire vivante aux cérémonies trop formelles ou fortement médiatisées.
Qu’il soit célébré à l’église, en silence, ou sur une tombe animée, Thierry Ardisson aura laissé une empreinte.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

