13 juillet: la décision de Kablan Duncan

10 mois

L’actualité revient ce 13 juillet 2025. L’homme affronte une douleur privée. Celle du veuf qui vient d’inhumer hier sa compagne de vie.


Son épouse Kouadio Aya Clarisse est décédée le 3 mai 2020 à Toumodi. Elle est inhumée hier le 12 juillet à Grand-Bassam.
Le cimetière municipal, route d’Azuretti, accueille les obsèques la veille même de sa démission politique. Le timing est bouleversant.

5 ans avant, soit le 13 juillet 2020, Daniel Kablan Duncan quitte la vice-présidence de Côte d’Ivoire. Une décision sobre, mais hautement symbolique.
Officiellement, il évoque des « raisons de convenance personnelle ». Officieusement, la situation politique et humaine est bien plus complexe.
La nouvelle intervient cinq jours après la mort brutale du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, survenue le 8 juillet.
Candidat désigné du parti présidentiel, sa disparition plonge le pays dans une incertitude politique majeure à quelques mois de l’élection.
Le président Ouattara prend acte de la démission le 8 juillet, mais l’annonce publique est faite le 13 juillet.
Cette date devient alors un tournant : deux piliers de l’exécutif partent dans la même semaine, dans un contexte trouble.

Daniel Kablan Duncan, pourtant fidèle parmi les fidèles, choisit le silence, alors que les spéculations battent leur plein à Abidjan.

Homme d’État chevronné, il a été ministre, Premier ministre, puis le premier vice-président de l’histoire politique ivoirienne. Un rôle inédit.
Nommé par Ouattara en 2017, il symbolisait le trait d’union entre les clans, les partis, et les générations politiques.
Proche du PDCI de Bédié, loyal envers Ouattara, respecté de tous, il savait se mouvoir avec élégance dans l’ambiguïté.
Son parcours est marqué par la diplomatie, l’économie, mais aussi par le silence stratégique, souvent confondu à tort avec de la distance.

Le 13 juillet, sa démission éclaire autrement son absence aux cérémonies d’hommage à Gon Coulibaly, alors largement commentée.
Était-ce une protestation silencieuse, une retraite calculée, ou simplement un homme qui savait quand quitter la scène sans fracas ?
En choisissant ce moment, Duncan lie le politique à l’intime. Il inscrit cette date comme celle d’une fin volontaire et digne.
Cinq ans après, le 13 juillet reste une balise mémorielle, dans l’histoire récente d’un pays en quête de stabilité.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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