Grand-Bassam ne perd pas la mémoire

3 semaines

Des années après l’attaque terroriste du 13 mars 2016, Grand-Bassam continue de vivre, d’accueillir des visiteurs et de préserver ses espaces touristiques.

Pourtant, derrière les plages entretenues, les hôtels rénovés et les promenades animées, demeure une réalité silencieuse : certains lieux ne retrouveront jamais totalement l’atmosphère d’avant, lorsque familles et visiteurs venaient sans aucune appréhension.

Ses plages sont entretenues, ses établissements accueillent encore des visiteurs et ses espaces publics retrouvent progressivement leur animation.

Pourtant, quelque chose semble définitivement différent depuis ce dimanche 13 mars 2016 qui a marqué les mémoires.

Ce jour-là, la station balnéaire vivait une fréquentation habituelle avec des familles venues profiter du soleil et des loisirs.

Puis les détonations ont remplacé les conversations, transformant brutalement un lieu de détente en scène de traumatisme.

L’attaque terroriste a profondément modifié le rapport des populations avec certains espaces autrefois associés uniquement au plaisir.

Les visiteurs continuent de venir, mais rarement avec la même spontanéité qu’autrefois dans ces lieux désormais chargés.

Le Wharf, les restaurants, les hôtels et les plages restent fréquentés, mais l’insouciance semble appartenir au passé.

Grand-Bassam n’est pas un cas isolé puisque d’autres sites balnéaires ivoiriens connaissent également ces changements progressifs.

Assinie conserve son attractivité, Songon continue son développement, mais l’époque des grandes affluences naturelles semble révolue.

Aujourd’hui, les visiteurs recherchent davantage la sécurité, l’organisation et la confiance avant de choisir leurs destinations.

Les professionnels du tourisme entretiennent leurs établissements avec sérieux afin de préserver l’image accueillante de ces espaces.

Mais entretenir un lieu ne suffit pas toujours à effacer les blessures laissées par certains événements historiques.

Les souvenirs demeurent chez les habitants, les travailleurs du tourisme et ceux ayant vécu cette journée particulière.

Grand-Bassam avance donc entre renaissance et mémoire, entre volonté de vivre et nécessité de ne jamais oublier.

La ville rappelle finalement qu’un espace touristique ne se résume pas uniquement à ses infrastructures visibles.

Il porte aussi les émotions, les histoires et les traces laissées par les générations précédentes.

Aujourd’hui, les plages continuent d’accueillir des visiteurs, mais elles racontent désormais une histoire différente.

Celle d’un lieu qui a survécu, qui se reconstruit, mais qui ne sera plus jamais exactement comme avant.

FATEM CAMARA

POUVOIRS MAGAZINE

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