Affaire Datro Fofana : Le silence assourdissant de la Fédération ivoirienne de football

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L’affaire DATRO FOFANA n’a pas fini de faire dresser les cheveux par son déroulement rocambolesque. Transféré de son club formateur ABIDJAN CITY FC au club norvégien de Molde FK, l’international ivoirien aux deux (2) sélections a traversé la Manche pour débarquer à Chelsea FC depuis le 1er janvier 2023 pour 12 millions d’euros.

Et pourtant, aujourd’hui, une polémique enfle: celle de la caution de la Fédération ivoirienne de football (FIF) donnée à la mère du joueur et sa cour (agent, intermédiaires, conseillers etc…) , sans oublier le club Molde FK lui même, qui jette le flou et une suspicion (légitime) sur le transfert de DATRO FOFANA à Molde FK. En effet, c’est la FIF qui a validé le Certificat International de Transfert (CIT) du joueur pour Molde FK, alors qu’un contentieux pendait entre la mère qui représentait les intérêts du joueur mineur et le président du club formateur du joueur. La mère reniant sa propre signature du contrat passé avec le club formateur et un agent du joueur sorti des bois pour remettre en cause l’appartenance du joueur à ABIDJAN CITY FC et le présentant ainsi comme libre pour en tirer profit.

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La mère de DATRO avait pourtant signé un contrat de 5 ans (2017-2022) avec le club formateur ABIDJAN CITY. Le contrat sur 5 ans était possible à cette époque. Le contrat imposé de 3 ans aux joueurs n’est apparu que bien plus tard en Côte d’Ivoire, quand la FIF a décidé de travailler avec le système de la FIFA qui a pour avantage, l’autonomie pour chaque club de disposer de sa propre entrée d’informations sur un joueur à vendre, appelé TMT.

Prêté en 2019 à l’AFAD (ligue 1) par ABIDJAN CITY son club formateur dans les règles de l’art avec un avenant au contrat, DATRO est revenu à son club formateur en 2020. D’où vient-il donc l’idée d’affirmer que le joueur était libre au moment où il a été transféré à Molde FK pour faire disparaitre ABIDJAN CITY du parcours de DATRO FOFANA ? Aujourd’hui à Chelsea, Molde n’a même pas fait cas de ABIDJAN CITY FC le club formateur, dans sa transaction avec le club du quartier huppé de Londres. Le joueur lui même non plus ne parle désormais de ABIDJAN CITY FC dans son pédigrée. Le comble, c’est la validation dans la précipitation du Certificat International de Transfert (CIT) par la FIF qui permet au joueur de sortir et aller à Molde FK, alors même que le club formateur émet une réserve sur le transfert de ce joueur. Pourquoi ?
Pas pour nuire au joueur, mais tout simplement parce que la mère du joueur renie sa signature au bas du contrat qui l’engage avec le club formateur ABIDJAN CITY FC. L’argent aurait entre temps circulé entre la mère du joueur et l’agent nigérian du joueur apparu subitement. Pour plus de transparence, le club formateur a donc demandé une analyse graphologique de la signature de la mère. Ce que cette dernière refusa.

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C’est dans ce flou que la FIF valida le CIT. Pourtant, la meilleure décision a prendre par la FIF devrait être de suspendre le transfert (pas l’annuler), puis analyser les arguments de chaque partie et trancher par la suite. Le problème DATRO est donc venu de la Fédération ivoirienne de football. Si l’institution n’avait pas validé le CIT dans ces conditions, nous n’en serions pas là. Surtout que, par sa décision en date du 10 novembre 2022, la cour d’appel d’Abidjan a tranché en faveur du club formateur ABIDJAN CITY FC en demandant de procéder à l’analyse graphologique de la signature de la mère du joueur.

Joint par téléphone, Sam Ettiassé, le Directeur Exécutif dalors de la FIF , ne dit pas autre chose. Il confirme avoir eu connaissance de ce dossier brûlant. L’un des derniers dossiers sur sa table qu’il a traité avant la mise en place du comité de normalisation. Il poursuit pour dire effectivement qu’un problème de signature de la mère se posait entre les deux parties, mais qu’il estime avoir pris la bonne décision (?) qu’il fallait. En gros, la “patate chaude” n’a pu être refroidie et partagée comme telle.

Le problème de fond dans ce dossier DATRO reste le travail de la traçabilité et de la supposée corruption qui existe dans les transferts de joueurs à la Fédération ivoirienne de football. Des clubs formateurs sont souvent réduits au silence et spoliés de leurs droits. Si ce ne sont pas les passeports sportifs qui sont falcifiés avec des supposées complicités internes fédérales, ce sont les traces même du joueur qui sont consciemment et illégalement effacées des fichiers fédéraux à coups de billets de banque au profit de certains prédateurs comme des agents ou des clubs plus forts. Dans tous les cas, l’administration étant une continuité, la nouvelle équipe dirigeante de la Fédération Ivoirienne de football n’est pas aussi exempte de critique dans cette affaire DATRO FOFANA – ABIDJAN CITY FC – Molde FK. Elle en est d’ailleurs bien informée et bien imprégnée.

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Si l’affaire DATRO FOFANA est aujourd’hui au Tribunal Arbitral du Sport (TAS), c’est bien parceque la FIF n’a pas servi comme bon balancier. Elle n’a pas protégé le club. Elle n’a pas protégé comme il le fallait un de ses membres (pourtant dans ses droits) qui a droit de vote quand on parle d’élection à la présidence de la FIF. Pourquoi ? La FIF seule peut l’expliquer. Les Ivoiriens ont donc besoin de savoir et comprendre tous les tenants et les aboutissants de l’affaire DATRO FOFANA. Quel est le rôle joué par la FIF dans la validation du CIT et le traitement du transfert de DATRO FOFANA à Molde FK ?

José DJATI (journaliste/écrivain)

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