Renard sacrifie le collectif pour tenter des choses

2 semaines

En voulant voir ses nouveaux joueurs à l’œuvre, Hervé Renard a surtout mesuré les limites d’une équipe privée de repères collectifs.

Hervé Renard assume son choix : face au Cameroun, il voulait profiter de cette rencontre pour observer ses nouveaux joueurs.

L’argument paraît logique, mais il résiste difficilement à l’analyse footballistique livrée samedi soir au stade d’Ébimpé.

Car pour évaluer véritablement un joueur, encore faut-il lui offrir une structure collective suffisamment stable autour de lui.

Or Renard a profondément bouleversé son équipe, avec onze joueurs différents par rapport aux précédentes compositions de cette fenêtre internationale.

Le problème n’est donc pas d’avoir expérimenté, mais d’avoir voulu tout expérimenter simultanément contre un adversaire mieux installé collectivement.

Face au Cameroun, les automatismes ivoiriens ont logiquement manqué dans les transmissions, les déplacements et les phases offensives.

Les Lions Indomptables ont, eux, conservé davantage de repères et ont su exploiter les hésitations d’une défense ivoirienne remaniée.

Le but inscrit juste après la reprise par Bil Nsongo est venu sanctionner cette fragilité collective des Éléphants.

À partir de cet instant, la Côte d’Ivoire a couru derrière le score sans parvenir véritablement à imposer son rythme.

Les changements opérés ensuite ont apporté davantage de percussion, notamment avec Elye Wahi et Malick Yalcouyé.

Mais l’énergie individuelle ne suffit pas toujours lorsque les mécanismes collectifs demeurent encore en construction.

Renard cherchait des réponses individuelles ; il a surtout découvert combien le collectif conditionne la valeur des individualités.

Un joueur peut posséder toutes les qualités nécessaires, mais celles-ci deviennent difficiles à mesurer dans une équipe désorganisée.

Le sélectionneur voulait observer les nouveaux ; le Cameroun lui a rappelé que le football récompense d’abord les complémentarités.

Cette défaite ne constitue évidemment pas une crise pour les Éléphants, qui restent sur une dynamique encourageante.

Mais elle pose une question essentielle à Hervé Renard : jusqu’où peut-on renouveler une équipe sans fragiliser son identité ?

À quelques mois des prochaines échéances, la priorité sera désormais de transformer les talents disponibles en véritable force collective.

Car la Côte d’Ivoire possède les joueurs. Il lui reste surtout à construire l’équipe capable de les faire jouer ensemble.

DESIRE THEA

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