Georges Taï Benson. Quand Treichville enfantait une légende

3 semaines

De Treichville aux sommets de l’audiovisuel ivoirien, Georges Taï Benson aura traversé six décennies avec une singularité rare.

Animateur, producteur, découvreur de talents et homme de conviction, il s’est éteint le 25 septembre 2026, à 80 ans. Laissant derrière lui une empreinte que le temps devrait difficilement effacer.

Georges Taï Benson appartenait à cette génération de pionniers ayant contribué à donner un visage, une voix et une âme à la télévision ivoirienne.

Né le 25 janvier 1946 à Treichville, il connaît une jeunesse marquée par une scolarité interrompue. Avant de trouver dans le théâtre puis dans les médias un espace correspondant davantage à sa personnalité.

Formé en art dramatique, puis préparé en France aux métiers de la radio et de la télévision, il rejoint la RTI en décembre 1965.

Il n’a alors que dix-neuf ans, mais possède déjà cette assurance scénique qui deviendra rapidement sa signature auprès du public ivoirien.

Avec « Rythme et Tradition », il inaugure une longue aventure audiovisuelle qui le conduira à concevoir plusieurs programmes devenus emblématiques.

« Benson reçoit », « Benson d’or » consacrent progressivement son statut d’animateur incontournable de plusieurs générations.

Mais réduire Georges Taï Benson à l’animateur flamboyant serait oublier l’essentiel de son parcours et de son influence.

Il fut également producteur et dénicheur de talents, accompagnant notamment les débuts d’Alpha Blondy et de Chantal Taïba.

En 1979, son entretien avec Bob Marley à Miami demeure l’un des épisodes les plus marquants de sa carrière journalistique.

Audacieux, cultivé et volontiers provocateur, Benson défendait une conception exigeante du métier, fondée sur la curiosité, la culture générale et la passion.

Il combattait également ce qu’il considérait comme une dévalorisation du mérite au profit des titres, dénonçant régulièrement les honneurs tardifs accordés aux personnalités disparues.

Son célèbre plaidoyer pour être reconnu « à titre costume » plutôt qu’« à titre posthume » résumait parfaitement cette philosophie.

La République ivoirienne finira pourtant par distinguer largement celui qui avait consacré sa vie à la culture et aux médias.

Chevalier de l’Ordre national, Grand Officier du mérite culturel et titulaire de plusieurs autres distinctions, il a également été chargé de mission à la Présidence.

Son nom demeure désormais associé au Super Prix des RTI Music Awards, comme une reconnaissance durable de son apport.

Georges Taï Benson quitte ainsi la scène, mais son héritage demeure présent dans les souvenirs d’une télévision qu’il contribua puissamment à construire.

À travers ses émissions, ses prises de position et les artistes qu’il accompagna, il aura surtout transmis une conviction essentielle.

La culture, lorsqu’elle est portée par le talent et l’exigence, peut devenir une véritable mémoire collective.

FATEM CAMARA

POUVOIRS MAGAZINE

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