Dans une confession vibrante, Alpha Blondy parle de foi, musique, paix et guerre. L’artiste plaide pour l’arrêt immédiat des violences.
« Quand tu aimes ton métier, ce n’est plus du travail, c’est du plaisir sincère, une vraie bénédiction quotidienne.
Je ressens du plaisir à donner de la joie à ceux qui me soutiennent, m’aiment, me suivent depuis toujours.
En vérité, ce sont eux qui ont construit Alpha Blondy, ces visages anonymes fidèles aux concerts comme aux disques.
Ils parlent de moi entre eux, achètent les albums, partagent l’énergie, cette énergie-là me motive et me porte.
J’ai toujours le trac avant chaque concert, la peur saine de décevoir Dieu, mon créateur, ma source unique.
Je suis en quête permanente d’accomplir pleinement la mission que mon créateur m’a confiée sur cette Terre d’Afrique.
Mon avenir, mon destin, mon succès appartiennent entièrement à Dieu, tout ce qui vient demain, c’est entre ses mains.
La vie m’a appris une vérité essentielle : il ne faut jamais vouloir enjamber le maître du temps.
Je ne peux que m’incliner humblement devant ce qui est écrit, tout ce qui advient était déjà prévu.
Même quand on croit modifier le destin, on ne fait que marcher dans un script écrit à l’avance.
Dieu m’a confié à la Côte d’Ivoire, ce pays est ma base, mon ancrage, ma responsabilité sacrée.
Je suis né une première fois à Dimbokro, puis une seconde fois à la RTI, devant les Ivoiriens.
La RTI a façonné ma carrière, elle m’a offert une voix, une vitrine, une identité nationale forte.
Les éléphants politiques sont trop naïfs, ils n’ont rien compris au véritable rôle des vendeurs d’armes dans les conflits.
Ils ne voient pas que chaque guerre, chaque petit palabre devient rentable pour ceux qui fabriquent bombes, fusils, munitions.
Ce sont toujours les mêmes recettes, les mêmes ingrédients, parce qu’une guerre génère du chiffre, des parts de marché.
La guerre n’est jamais une affaire de pauvres : on ne fabrique ni armes ni munitions ici en Afrique.
Tu allumes un feu et ensuite il t’échappe, car d’autres y trouvent leur fortune et leurs intérêts stratégiques.
Je demande à tous de mettre balle à terre : arrêtons l’escalade, choisissons la paix comme priorité nationale.
Aujourd’hui on a allumé tous les feux, mais la vraie richesse de la Côte d’Ivoire s’appelle tout simplement la paix ».
Retranscriptions par
SOPHIE BLE
photo;dr
POUVOIRS MAGAZINE

