Du 28 janvier au 17 août 2026, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, et ses équipes ont élaboré un plan particulier d’actions.
Il est destiné à mettre en œuvre avec précision les missions que le décret portant attributions des membres du Gouvernement lui confie. Ce document stratégique vise à lever « les principaux goulots d’étranglement qui freinent le développement du secteur privé. Et à accélérer l’industrialisation de la Côte d’Ivoire », affirme le ministre.
Plusieurs chantiers prioritaires seront engagés dans les prochains jours. Il s’agit notamment du financement des zones industrielles. A travers la structuration de montages bancaires associant notamment des pools bancaires et des mécanismes de garantie. Cela sur le modèle ayant permis de mobiliser des ressources pour l’ex-FODI (Fonds de Développement des Infrastructures Industrielles). « Cette approche permettra de mieux répondre aux besoins de financement des infrastructures industrielles », rassure Ibrahim Kalil Konaté.
Dans le même temps, le ministère entend renforcer le financement des chaînes de valeur exportatrices en proposant des modèles financiers adaptés à chaque filière. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des mécanismes déjà développés pour la filière anacarde avec la BOAD (Banque Ouest-Africaine de Développement), avec pour objectif de rendre les projets plus solides, plus lisibles et davantage susceptibles d’obtenir des financements bancaires.
Par ailleurs, la mobilisation des IFI (Institutions financières internationales) constitue un autre axe majeur de cette feuille de route. Le ministère prévoit ainsi de renforcer la pré-instruction et l’accompagnement des dossiers auprès de la BOAD, de la BAD (Banque africaine de développement) et d’autres partenaires financiers.
Afin d’accroître la capacité de mobilisation de ressources destinées au financement de projets structurants.
Sur le plan des entreprises et des instruments de financement, un appui à la structuration financière du portefeuille de la SOGEDI (Société de Gestion et de Développement des Infrastructures Industrielles) est également annoncé.
À cela s’ajoute un diagnostic ciblé destiné à accélérer le décaissement du programme DAICE (Développement et Accélération des Investissements dans les Entreprises). Son niveau d’exécution est jugé inférieur aux attentes.
En outre, le plan prévoit la restructuration de CI-Engineering autour d’un plan d’actions articulé notamment autour de la régularisation juridique, de l’apurement du passif, de la mobilisation d’un portefeuille de commandes publiques. Et de la modernisation de l’entreprise. L’enjeu est de transformer les marchés récemment obtenus en une dynamique durable de croissance et de performance.
Dans le domaine du commerce intérieur, la digitalisation des recettes devrait également occuper une place importante. Il est prévu de réaliser un diagnostic du potentiel de mobilisation des recettes. Et de structurer le financement d’une plateforme numérique destinée à moderniser leur collecte.
Parallèlement, un programme de renforcement des capacités nationales de stockage des produits des PME (Petites et Moyennes Entreprises) sera conçu. Avec la perspective de le rendre éligible aux financements du DAICE ou des IFI.
À cette modernisation du commerce intérieur s’ajoute l’ambition de développer une nouvelle génération d’espaces marchands modernes et équipés. Cela à travers la Société de Gestion des Marchés de Côte d’Ivoire. Avec notamment l’intégration de solutions de collecte numérique des taxes.
L’objectif est de rapprocher la modernisation des infrastructures commerciales de celle des outils de gestion et de mobilisation des recettes.
Enfin, le plan d’actions entend inscrire l’industrialisation dans une véritable logique territoriale. Une politique spécifique sera ainsi développée. L’objectif est d’accélérer l’industrialisation des régions en fonction de leurs potentialités économiques. Notamment à travers la construction de zones économiques spéciales.
Dans le même esprit, un vaste chantier d’identification des artisans, des commerçants et des entreprenants devrait être engagé. Afin de mieux connaître les acteurs de l’économie nationale et de réduire significativement le poids de l’informalité.
Au total, ce plan d’actions traduit la volonté du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat de passer d’une logique de programmation à une logique d’exécution. En agissant simultanément sur le financement, l’industrialisation, la modernisation du commerce, le développement des PME. De même que la formalisation de l’économie.
La prochaine étape sera donc décisive : traduire ces orientations en résultats mesurables. Avec pour objectifs d’accélérer les décaissements. Il est aussi d’accroître les investissements productifs, de renforcer les capacités des entreprises, de moderniser les espaces commerciaux. Et de surtout rapprocher davantage l’industrialisation des territoires.
À terme, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat assure que « l’ambition est de contribuer à une économie ivoirienne plus structurée. Mieux financée, plus compétitive et davantage créatrice d’emplois et de valeur ».
COOLBE OUATTARA
POUVOIRS MAGAZINE

