GOUVERNANCE D’ENTREPRISE CGECI-INAD-CI : les femmes à la conquête des conseils d’administration

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À travers un protocole d’accord signé le 30 octobre 2026 à Abidjan, le Réseau des femmes de la CGECI et l’INAD-CI entendent rapprocher leurs compétences.

Une alliance entre le réseau entrepreneurial féminin et l’expertise en gouvernance, qui ambitionne de transformer les compétences professionnelles des femmes en véritables responsabilités décisionnelles.

La question de la place des femmes dans les instances de décision des entreprises ne se résume plus à un plaidoyer pour une meilleure représentativité. Elle renvoie aussi à la manière dont le secteur privé identifie ses talents, prépare ses futurs administrateurs et organise l’accès aux responsabilités. C’est autour de cette problématique que le Réseau des femmes de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (RF-CGECI) et l’Institut national des administrateurs de Côte d’Ivoire (INAD-CI) ont décidé de conjuguer leurs efforts.

Le rapprochement a été officialisé le vendredi 30 octobre 2026, à l’occasion d’un petit-déjeuner débat organisé au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, dans le cadre de la CGECI Academy. Placée sous le thème « Identifier – Former – Promouvoir », la rencontre a permis d’aborder les enjeux de valorisation du capital humain féminin et de renforcement de sa présence dans les instances de gouvernance. Elle s’est achevée par la signature d’un protocole d’accord entre les deux organisations.

Les échanges ont notamment mis en évidence un paradoxe : des femmes disposent d’une expérience professionnelle reconnue, dirigent des structures, pilotent des activités et exercent des responsabilités importantes, mais leur présence demeure insuffisante dans les espaces où se décident les orientations stratégiques des entreprises.

Deux institutions, deux savoir-faire complémentaires

L’intérêt de cette convention réside d’abord dans la complémentarité des deux partenaires. Le RF-CGECI possède un ancrage dans le monde entrepreneurial et patronal. Fort d’une quarantaine de femmes engagées dans la promotion du leadership féminin, ce réseau constitue un cadre de réflexion, de partage d’expériences et de mobilisation des compétences féminines au sein du secteur privé.

L’INAD-CI intervient sur un autre maillon, tout aussi déterminant : la professionnalisation des administrateurs. Son domaine d’expertise porte notamment sur la formation aux responsabilités des conseils d’administration et la diffusion des bonnes pratiques de gouvernance.

La jonction entre ces deux savoir-faire répond ainsi à une difficulté concrète. D’un côté, des femmes disposent de parcours professionnels et d’une expérience susceptibles de les conduire vers des mandats d’administrateur. De l’autre, les entreprises ont besoin de profils capables de comprendre leurs enjeux financiers, d’apprécier leurs risques et de contribuer à leurs orientations stratégiques.

En rapprochant leurs réseaux et leurs compétences, les deux organisations entendent établir une passerelle entre ces besoins. Le RF-CGECI peut contribuer à identifier et à valoriser les profils féminins, tandis que l’INAD-CI apporte l’accompagnement technique nécessaire à leur préparation au métier d’administrateur.

La convention a été paraphée par Me Fadika, vice-présidente de la CGECI, pour le compte du réseau, et Ted Azouma, directeur exécutif de l’INAD-CI, pour son institution.

De la formation à l’accès réel aux responsabilités

L’accord repose sur trois orientations : identifier les femmes disposant du potentiel requis, renforcer leurs compétences et favoriser leur positionnement dans les conseils d’administration.

Cette démarche répond à une exigence précise. Être une dirigeante expérimentée ne signifie pas automatiquement maîtriser toutes les responsabilités d’un administrateur. Il faut notamment savoir lire les états financiers, apprécier les risques, examiner les choix d’investissement et exercer un regard critique sur les décisions de la direction générale.

Mais la formation ne constitue qu’une partie de la réponse. Une professionnelle qualifiée peut encore se heurter aux mécanismes de nomination, aux réseaux de cooptation et aux habitudes qui structurent l’accès aux conseils. C’est pourquoi la visibilité des compétences féminines et leur mise en relation avec les entreprises seront essentielles.

La véritable plus-value du partenariat devra donc se mesurer à sa capacité à faire évoluer les pratiques, et pas seulement à former de nouvelles candidates. La constitution d’un répertoire de femmes administratrices qualifiées pourrait notamment faciliter leur identification par les entreprises.

Un enjeu qui dépasse la représentation féminine

Pour les entreprises ivoiriennes, la composition des conseils d’administration relève également de la qualité de la gestion. Ces instances interviennent dans le contrôle des comptes, l’appréciation des risques, les décisions d’investissement et la définition des orientations de développement. La diversité des expériences et des compétences peut enrichir les délibérations et élargir les perspectives dans la prise de décision.

Toutefois, le communiqué ne précise pas encore le nombre de femmes que les deux partenaires ambitionnent de former ou de positionner, ni les objectifs chiffrés et le calendrier de mise en œuvre. Ces éléments seront nécessaires pour apprécier les résultats de leur engagement.

Le partenariat entre le RF-CGECI et l’INAD-CI ouvre ainsi une perspective intéressante pour le secteur privé ivoirien : rapprocher les compétences disponibles des responsabilités à pourvoir, tout en contribuant à la professionnalisation des instances de gouvernance.

Car l’enjeu ne sera pas simplement de voir davantage de femmes suivre des formations. Mais de les retrouver autour des tables où se décident les investissements, les stratégies et l’avenir des entreprises ivoiriennes. C’est à cette transformation concrète que sera jugée la portée de cette alliance.

AK

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