La deuxième édition du Programme de Renforcement de la Gouvernance et de la Gestion des Établissements Publics Nationaux ouvre une nouvelle étape dans la modernisation de l’action publique ivoirienne
Derrière les baies vitrées de la salle Sirocco du Novotel Abidjan Marcory, l’atmosphère est empreinte de solennité. Ce lundi 29 juin 2026, hauts responsables de l’administration publique, présidents de Conseils de gestion, directeurs généraux d’Établissements publics nationaux (EPN). De même qu’experts de la gouvernance et partenaires institutionnels prennent progressivement place. Tous convergent vers un même objectif. Réfléchir aux conditions d’une gouvernance publique plus performante, plus transparente et davantage orientée vers les résultats.
Au premier rang, la ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, la Professeure Mariatou Koné.
Elle préside cette cérémonie de lancement de la deuxième édition du Programme de Renforcement de la Gouvernance et de la Gestion des Établissements Publics Nationaux (PRGG-EPN). À ses côtés figurent notamment le ministre français Yves Jégo, invité comme conférencier principal. Kamagaté Daouda, le Directeur général des Établissements publics nationaux. Les membres du Conseil d’administration de l’Institut National des Administrateurs de Côte d’Ivoire (INAD-CI). Son Directeur exécutif ainsi que plusieurs dizaines de dirigeants d’EPN venus de toutes les régions du pays.
L’assistance est à l’image des ambitions affichées par cette rencontre. Réunir ceux qui, chaque jour, portent la responsabilité de faire vivre l’action publique dans des secteurs stratégiques. Notamment la santé, l’éducation, la recherche scientifique, les infrastructures, l’énergie, les transports ou encore la protection sociale.
Très vite, les interventions dépassent le simple cadre protocolaire. Les discours convergent autour d’une conviction commune. La qualité de la gouvernance publique constitue désormais l’un des principaux leviers du développement économique, de la confiance des citoyens et de la compétitivité des États.
Une gouvernance publique appelée à franchir un nouveau cap
Prenant la parole au nom de l’INAD-CI, sa Présidente du Conseil d’administration, Mme Viviane Zunon-Kipré, situe immédiatement les enjeux de cette nouvelle édition.
Pour elle, le lancement de ce programme ne représente pas uniquement une nouvelle session de formation destinée aux dirigeants des Établissements publics nationaux. Il s’inscrit dans une vision beaucoup plus vaste. Celle de la transformation durable de l’administration publique ivoirienne.
« La qualité de la gouvernance d’une organisation dépend, avant tout, de la compétence et de l’intégrité de ceux qui la dirigent ». Rappelle-t-elle, résumant ainsi la philosophie qui guide l’action de l’INAD-CI depuis sa création.
À travers cette déclaration, la Présidente du Conseil d’administration replace le débat là où il doit être. Au niveau de la responsabilité des décideurs. Pour elle, les réformes institutionnelles, aussi ambitieuses soient-elles, ne produisent leurs effets que lorsqu’elles sont portées par des femmes et des hommes suffisamment préparés à les conduire.
Le message trouve un écho particulier dans une période où les administrations publiques africaines sont appelées à conjuguer efficacité, transparence, innovation numérique et redevabilité.
Un hommage appuyé à la ministre Mariatou Koné
Une part importante de son intervention est consacrée à la ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques.
Loin des formules de circonstance, Mme Viviane Zunon-Kipré insiste sur la continuité du parcours de la Professeure Mariatou Koné. Elle salue le sens de l’État, la rigueur et la compétence de la ministre.
Évoquant son passage remarqué au ministère de l’Éducation nationale, elle estime que les réformes conduites durant cette période expliquent naturellement la confiance renouvelée placée en elle. Afin de piloter aujourd’hui un département aussi stratégique que celui du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques.
Mais au-delà de la personne, c’est surtout le symbole qu’elle met en avant.
En acceptant de présider cette cérémonie, explique-t-elle, la ministre adresse un signal fort à l’ensemble des dirigeants des Établissements publics nationaux. Celui d’un État qui entend faire de la bonne gouvernance, de la performance et de la qualité du service public des priorités absolues.
« Vous envoyez un message fort aux Établissements publics nationaux ». Affirme-t-elle, avant de réaffirmer l’engagement de l’INAD-CI à accompagner le ministère dans cette dynamique de modernisation.
Les Établissements publics nationaux au cœur de la transformation de l’État
Le discours prend ensuite une dimension plus stratégique.
Pour Mme Viviane Zunon-Kipré, les Établissements publics nationaux ne peuvent plus être considérés comme de simples structures administratives chargées d’exécuter des missions sectorielles.
Ils constituent désormais des instruments essentiels de la politique publique.
Leur efficacité conditionne directement la qualité des services rendus aux populations, qu’il s’agisse de soins de santé, d’éducation, de recherche, de transports, d’énergie ou de développement agricole.
À ce titre, la Présidente du Conseil d’administration de l‘INAD-CI salue le travail entrepris par la Direction générale des Établissements publics nationaux.
Selon elle, la réforme actuellement conduite poursuit une ambition claire : transformer progressivement les EPN en organisations modernes, performantes et responsables, capables de produire davantage de valeur publique tout en améliorant la gestion des ressources qui leur sont confiées.
Cette vision rejoint les grandes orientations internationales en matière de gouvernance publique, où la performance ne se mesure plus seulement au respect des procédures administratives, mais également à la capacité des institutions à répondre efficacement aux attentes des citoyens.
Dans cette perspective, la formation des dirigeants apparaît comme un investissement stratégique plutôt qu’une simple obligation professionnelle.
Former les décideurs pour renforcer l’action publique
Le programme lancé à Abidjan repose précisément sur cette conviction.
Pour les organisateurs, il ne suffit pas de réformer les textes ou de moderniser les procédures.
Encore faut-il que les responsables appelés à appliquer ces réformes disposent des compétences nécessaires pour accompagner le changement.
C’est tout le sens du partenariat noué entre l’INAD-CI et la Direction générale des Établissements publics nationaux.
Depuis plusieurs années, les deux institutions travaillent à construire une offre de formation adaptée aux réalités du management public contemporain.
L’objectif est de permettre aux dirigeants d’acquérir des outils concrets de gouvernance, d’améliorer leurs pratiques managériales, de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques. De même que développer une culture durable de la performance.
Au-delà des connaissances techniques, cette démarche ambitionne également de créer une véritable communauté de dirigeants publics. Des dirigeants capables de partager leurs expériences, de confronter leurs méthodes et d’apprendre les uns des autres.
Dans un contexte où les attentes des citoyens deviennent toujours plus fortes, cette mutualisation des bonnes pratiques apparaît comme un facteur déterminant de réussite des réformes engagées par l’État ivoirien.
La deuxième édition du PRGG-EPN s’annonce ainsi comme une nouvelle étape dans la construction d’une administration publique plus moderne, plus agile. Et plus proche des exigences de performance auxquelles sont désormais confrontées toutes les grandes institutions publiques.
De la première à la deuxième édition : l’ambition d’installer une culture durable de la gouvernance
Au-delà du caractère solennel de la cérémonie, le lancement de cette deuxième édition du Programme de Renforcement de la Gouvernance et de la Gestion des Établissements Publics Nationaux s’inscrit dans une logique de continuité. Loin d’être un rendez-vous ponctuel, cette initiative traduit la volonté des autorités publiques d’inscrire durablement la gouvernance des EPN dans une dynamique d’amélioration continue.
En rappelant les résultats de la première édition, Mme Viviane Zunon-Kipré a tenu à démontrer que cette démarche repose sur des acquis solides. L’année précédente, cent neuf dirigeants d’Établissements publics nationaux avaient participé à dix journées d’échanges consacrées aux grands défis de la gouvernance publique. Les discussions avaient porté sur l’éthique dans la gestion des ressources publiques, la performance des établissements, la responsabilité des dirigeants ainsi que les transformations induites par la révolution numérique.
Au terme de ces travaux, un constat s’était imposé : les responsables des EPN souhaitaient aller plus loin. Les attentes exprimées ne concernaient pas seulement la poursuite des formations, mais également leur approfondissement. Les participants avaient plaidé pour des sessions plus longues, davantage d’études de cas, des outils directement applicables à leurs réalités professionnelles et des espaces favorisant le partage d’expériences entre pairs.
C’est précisément pour répondre à ces recommandations qu’a été conçue cette deuxième édition.
Deux cents dirigeants sont désormais attendus, soit presque le double de la précédente promotion. Cette progression témoigne de l’intérêt croissant que suscite cette initiative auprès des décideurs publics, mais aussi de la place désormais accordée à la formation continue dans la conduite des politiques publiques.
Pour la Présidente du Conseil d’administration de l’INAD-CI, cette évolution traduit un changement profond de culture administrative. « Les dirigeants d’EPN veulent aller plus loin », a-t-elle résumé, soulignant que la modernisation des établissements publics passe autant par les compétences des femmes et des hommes qui les dirigent que par les réformes institutionnelles elles-mêmes.
Cinq réformes pour transformer durablement les établissements publics
Dans son intervention, Mme Viviane Zunon-Kipré a également replacé cette initiative dans une vision beaucoup plus large de la réforme de l’État.
Selon elle, la transformation des Établissements publics nationaux repose sur cinq grands piliers. Le premier concerne la réforme institutionnelle et législative. Indispensable pour adapter le cadre juridique aux exigences contemporaines de l’action publique. Le deuxième porte sur la gouvernance des établissements eux-mêmes. Avec l’ambition de renforcer la transparence, la responsabilité et l’efficacité des organes de décision.
Le troisième pilier touche aux questions financières. Dans un contexte où les ressources publiques demeurent limitées, la recherche de la performance budgétaire devient une exigence incontournable.
Les établissements publics sont ainsi appelés à optimiser leurs moyens tout en améliorant la qualité des services rendus aux usagers.
La quatrième réforme concerne la transformation numérique. La digitalisation des procédures, la dématérialisation des services et l’exploitation des données constituent désormais des leviers essentiels pour moderniser l’administration et rapprocher davantage les institutions des citoyens.
Enfin, la cinquième dimension est celle du développement durable et de la responsabilité sociétale. Les établissements publics sont invités à intégrer progressivement les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs stratégies. Cela conformément aux standards internationaux qui s’imposent aujourd’hui aux organisations publiques comme privées.
Pour les responsables de l’INAD-CI, ces cinq axes ne relèvent pas d’un simple exercice académique. Ils dessinent les contours de l’administration ivoirienne de demain, une administration plus performante, plus innovante et davantage tournée vers les résultats.
L’INAD-CI, un acteur reconnu de la professionnalisation des administrateurs
En présentant l’action de l’Institut National des Administrateurs de Côte d’Ivoire, sa Présidente a également rappelé le chemin parcouru depuis sa création.
Fondé sur une conviction simple. Celle selon laquelle la qualité de la gouvernance dépend avant tout de la compétence et de l’intégrité des dirigeants. L’INAD-CI s’est progressivement imposé comme une référence dans la formation des administrateurs en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.
Au fil des années, l’Institut a formé et certifié plusieurs centaines d’administrateurs de sociétés. Tout en développant des partenariats académiques de premier plan. Parmi eux figure notamment l’INSEAD, prestigieuse école de management avec laquelle l’INAD-CI délivre un certificat destiné aux administrateurs de l’espace UEMOA.
Cette expertise ne s’est pas limitée au territoire ivoirien.
Le modèle développé par l’Institut a progressivement essaimé vers plusieurs pays africains. Notamment le Mali, le Burkina Faso et le Gabon, illustrant ainsi le rayonnement régional acquis par cette institution.
Au-delà de ses missions de formation, l’INAD-CI inscrit également son action dans une démarche de responsabilité sociétale. Depuis plusieurs années, il accompagne des entreprises engagées dans des programmes de reboisement et de sensibilisation aux enjeux environnementaux. Démontrant que la gouvernance moderne ne saurait être dissociée des impératifs du développement durable.
Mais pour Mme Viviane Zunon-Kipré, le partenariat développé avec la Direction générale des Établissements publics nationaux revêt une dimension particulière. Contrairement à d’autres programmes de formation, celui-ci agit directement sur des secteurs qui structurent la vie quotidienne des citoyens. Santé, éducation, énergie, recherche, infrastructures ou encore transports. Autant de domaines dans lesquels la qualité de la gouvernance produit des effets concrets sur le développement du pays et le bien-être des populations.
En filigrane de son intervention, un message apparaît avec constance. Investir dans les compétences des dirigeants publics, c’est investir dans l’efficacité de l’État lui-même. C’est également créer les conditions d’une administration capable d’anticiper les mutations. Aussi d’innover et de répondre aux attentes d’une société en constante évolution.
ALEX KIPRE
photos: dr
POUVOIRS MAGAZINE

