Face à l’IA, Les Classiques Africains réaffirment la force de la création humaine

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Placée sous le thème « Création à visage humain », la nouvelle rentrée littéraire des Classiques Africains promet un catalogue éclectique.

Jeunesse, imaginaire africain, fiction et réflexion sur les mutations contemporaines du livre composent cette nouvelle saison éditoriale.

Création. Création à visage humain. C’est autour de cette thématique que s’annonce la nouvelle rentrée littéraire des Classiques Africains. Département de littérature générale des Classiques Ivoiriens. Dirigée par Dramane Boaré, cette maison d’édition entend proposer un catalogue riche et diversifié. Célébrant l’imagination et la créativité humaines.

Les grandes lignes de cette nouvelle saison ont été dévoilées samedi 31 octobre 2026. C’était lors de la rencontre littéraire mensuelle du Mosaïque Book Club. La présentation s’est tenue à La Maison d’Athéna, nouvelle librairie-papeterie située à la cité Italia. A Modeste, dans la commune de Grand-Bassam.

Au programme figurent des collections destinées à la jeunesse, des ouvrages consacrés aux imaginaires africain. Egalement des romans, des recueils de nouvelles et des essais portant un regard sur les mutations de la société contemporaine.

Présentée par Gloire Wanef Tchivongo, responsable éditorial de la maison, cette programmation dévoile plusieurs titres attendus.

Parmi eux figurent Les Chroniques de Nimbélé.

Un récit fantastique mettant en scène une jeune héroïne dotée de super-pouvoirs, ainsi que Les Petits Kakaba, une nouvelle collection jeunesse inaugurée par La Soirée de Bitio, signée Amélie N’Dia.

La collection Welcome proposera, quant à elle, des ouvrages illustrés autour des mythes et légendes issus des cosmogonies ancestrales africaines. La maison annonce également la réédition de contes classiques, notamment L’Enfant roi et La Brousse et la savane. Côté fiction, Le Miel et la cendre, recueil de nouvelles, et le roman Nyo Kazi viendront enrichir le catalogue.

Certains titres seront présentés au Salon du livre pour enfants et adolescents (SALEA), les 11 et 12 décembre prochains, au Palais de la Culture de Treichville. D’autres paraîtront en 2027, notamment à l’occasion du Salon international du livre d’Abidjan, en mai.

Au-delà de cette diversité éditoriale, le thème retenu prend une résonance particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Pour Gloire Wanef Tchivongo, il s’agit de réaffirmer la place de l’intelligence et de la créativité humaines dans la production littéraire. Les bouleversements provoqués par les nouvelles technologies interrogent désormais l’originalité des œuvres, mais également les conditions de création, de production et de diffusion du livre.

Cette réflexion explique aussi le partenariat engagé entre Les Classiques Africains et le Mosaïque Book Club.

Avec l’ambition de développer de nouvelles formes de proximité avec les lecteurs.

Fondé en 2018 et animé par Stella Attiogbé, le club avait consacré sa rencontre d’octobre à Le Journal d’Angie, roman d’Éric Bohème publié en 2025 chez Les Classiques Africains. Auteur de Zone 4, paru en 2012 chez Frat Mat Éditions, l’écrivain retrouve ici l’un des personnages marquants de son précédent univers romanesque.

Angie, jeune femme confrontée aux difficultés, aux souffrances et aux désillusions, livre à travers son journal intime un récit sensible sur la résilience et la reconstruction personnelle. En faisant dialoguer fiction et réalités sociales, Éric Bohème explore les blessures intimes et la force nécessaire pour continuer à avancer malgré les rêves brisés.

Les échanges avec l’auteur, présent en visioconférence, et les éclairages de Flora Konan, responsable du bureau des Classiques Africains, ont nourri une discussion particulièrement vivante. Les membres du club ont notamment salué un ouvrage « déchirant, naturel et profondément touchant ».

La rencontre a également ouvert un débat sur la condition sociale des jeunes filles. De même que les difficultés auxquelles nombre d’entre elles sont confrontées à Abidjan.

Aaron LESLIE

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Fondateur des Éditions GAD, Commissaire général du Salon international du livre d’Abidjan